Bilan de campagne ensilage

Un maïs 2020 relativement correct mais moins lactogène que l’an dernier


TNC le 16/11/2020 à 06:03

Cette année, les récoltes ont démarré très précocement et se sont échelonnées sur deux mois, et les rendements sont finalement meilleurs que prévu. (©TNC)

Cette année, les récoltes ont démarré très précocement et se sont échelonnées sur deux mois, et les rendements sont finalement meilleurs que prévu. (©TNC)

Cette année, les températures élevées au printemps ont assuré de bonnes conditions de démarrage aux maïs, notamment pour les semis précoces. (©Arvalis-Institut du végétal)

Cette année, les températures élevées au printemps ont assuré de bonnes conditions de démarrage aux maïs, notamment pour les semis précoces. (©Arvalis-Institut du végétal)

Une année correcte sur la façade Ouest en rendement et en qualité, le secteur Centre-Est à nouveau très impacté par la sécheresse estivale. (©Arvalis-Institut du végétal)

Une année correcte sur la façade Ouest en rendement et en qualité, le secteur Centre-Est à nouveau très impacté par la sécheresse estivale. (©Arvalis-Institut du végétal)

Malgré un bon départ, les maïs fourrage 2020 ont connu un été difficile. Pour autant, les rendements restent corrects. En ce qui concerne la qualité, si elle s'avère bonne à l'Ouest, elle l'est moins et surtout très hétérogène du Centre à l'Est. Michel Moquet et Hugues Chauveau d'Arvalis-Institut du végétal font le point sur cette campagne 2020.

Michel Moquet, ingénieur Arvalis revient sur la campagne de maïs fourrage 2020 : « Cette année, les semis ont été assez étalés, de la mi-avril à la mi-mai. Les conditions de démarrage ont été relativement bonnes, avec des températures supérieures à la moyenne. Les maïs semés tôt ont ainsi pris plus d’avance que les autres (jusqu’à 70°C d’avance). »

« C’en est suivi un mois de juin bien arrosé (sauf dans l’Ouest), favorable à la floraison, mais qui a limité les plages possibles de désherbage à cette période. Rappelons par ailleurs une forte pression des corvidés un peu partout cette année. »

C’est à partir de la mi-juillet que le déficit hydrique estival a impacté le nombre de grains, voire même avant comme dans les régions du Nord-Est les plus affectées ayant connu un déficit à partir de juin. La période chaude de septembre a ensuite fait avancer rapidement les taux de matière sèche. « Ainsi, les chantiers de récolte ont été très étalés, du 20 août au 15 octobre, avec quelques difficultés en Bretagne et Normandie à cause de forts coups de vent juste avant les ensilages. »

Un peu moins d’uFL qu’en 2019

Bien que les rendements moyens soient meilleurs que l’année dernière, ils sont très hétérogènes et en baisse dans les régions les plus touchées par la sécheresse, de la même façon que tous les autres fourrages pénalisés par le déficit hydrique. Par ailleurs, on estime à 50 000 ha les transferts de maïs grain vers fourrage.

En collectant un peu plus de 11 000 analyses en vert ou à l’ouverture des silos, Arvalis a pu établir le bilan en valeurs alimentaires. Et c’est un tableau plutôt mitigé que dresse Hugues Chauveau de l’institut du végétal : « Les ensilages ont été réalisés dans la norme avec une moyenne à 33,7 % MS à la récolte, mais plus d’un tiers des chantiers ont été faits à plus de 35 % MS. »

La teneur en MAT reste équivalente à 2019 avec 7,5 % de MAT en moyenne, mais les maïs sont un peu moins riches en énergie qu’en 2019, « de l’ordre de – 0,01 UFL/kg MS. » Cela peut paraître anecdotique mais ça représente pour une ration vaches laitières à 12 kg MS/j de maïs une baisse de 0,23 UFL ingéré/j/VL, soit une diminution de 0,5 kg de lait.

Attention en revanche, ces niveaux restent variables d’une région à l’autre. Les experts d’Arvalis concluent sur « un cru correct à l’Ouest et très hétérogène du Centre à l’Est » et recommandent à tous de faire analyser leur fourrage pour adapter au mieux la complémentation.