Gaec des Landelles (44)

Un bâtiment neuf pour regrouper 3 troupeaux laitiers et produire 1,9 M de litres


TNC le 05/07/2019 à 12:07

Afin de regrouper leurs 3 troupeaux respectifs, les associés du Gaec des Landelles ont opté pour la construction d'un nouveau bâtiment d'élevage. Celui-ci est sorti de terre en 9 mois à peine et se dote de 3 robots de traite Fullwood Packo ainsi que 218 places en logettes. Et pour maximiser le confort de leurs animaux, les 6 éleveurs ont choisi d'installer les matelas Aquaclim thermodynamiques de Bioret agri. En plus de rafraîchir les vaches l'été, le système leur permet de récupérer la chaleur des vaches pour la production d'eau chaude.

Ils étaient 5 agriculteurs plus 1 salarié répartis sur 2 fermes du département. Les voilà devenus 6 associés rassemblés sur une même structure : le Gaec des Landelles à Guemene Penfao (44 – Loire Atlantique).

Regrouper 3 fermes, soit 3 troupeaux : un grand défi à relever

Amélie Courcoul et son mari Gérard élevaient une cinquantaine de vaches laitières à Derval (500 000 litres). De leur côté, Jean-Guy Pele, Franck Daniel et Vincent Batard élevaient 45 vaches laitières (400 000 litres), des poulets de chair, des taurillons et des porcs à l’engraissement sur 4 sites différents, aidés par leur salarié Clément. En février 2017, les deux exploitations se rapprochent afin de travailler ensemble. Au même moment, Clément Guenantin, le salarié, s’installe en reprenant une exploitation de 85 vaches laitières (720 000 litres + 300 000 supplémentaires en tant que JA) et entre dans la Gaec.

 « On a eu rapidement le projet de construire un seul et même bâtiment pour regrouper les troupeaux car aucun des 3 sites ne pouvait tout engloutir », se rappelle Amélie. Aidés par un conseiller de la chambre d’agriculture pour réaliser les plans, l’étude des devis et le suivi de chantier, les associés sont parvenus à construire un bâtiment pour 220 vaches laitières en 9 mois à peine. « Le chantier a débuté en juin 2018 et les vaches sont entrées dans le nouveau bâtiment fin mars 2019. L’adaptation s’est très bien passée », se réjouit l’éleveuse. Et ça n’est pas tout : deux autres bâtiments complètent le site, dont un dédié aux vaches taries et un autre aux génisses.

Une période de transition intense en charge de travailPendant un peu plus d’un an, en attendant le nouveau bâtiment, le répit était de courte durée pour tout le monde. L’éleveuse raconte : « On mutualisait déjà le travail mais les vaches étaient encore réparties sur les 3 fermes. Il arrivait qu’une personne cumule 4 traites dans sa journée. Je n’ai pas beaucoup vu mon mari durant cette période », plaisante-t-elle. « Le plus compliqué à gérer était le fait qu’on ne travaillait pas tous de la même façon, donc pas avec les mêmes exigences concernant la productivité ou encore le sanitaire. » Le regroupement a grandement facilité les choses.

Passer de l’aire paillée aux logettes et de la salle de traite au robot

« Passer en logettes était une évidence pour tout le monde, notamment concernant la qualité du lait. À l’inverse, le robot de traite ne s’imposait pas de la même manière. Les 3 fermes avaient chacune leur système : chez nous c’était une aire paillée et salle de traite 1×10 TPA, chez Clément c’était logettes et salle de traite 2×7 et au Gaec c’était des logettes avec matelas posés », se souvient l’éleveuse. « Pour 200 vaches, il aurait fallu un roto de 40 places mais on a préféré opter pour des robots Fullwood Packo, ce qui met tout le monde sur un pied d’égalité concernant la rigueur de traite. » Ainsi, 3 robots Merlin ont pris leur quartier dans le bâtiment. L’emplacement d’un 4 e est même déjà prévu.

Les vaches semblent s’être bien acclimatées au changement. La production tourne autour de 9 000 litres/VL à 43 de TB et 32 de TP. Le taux cellulaire avoisine les 250 000 cellules mais il s’explique en partie par le fait que les éleveurs ont gardé quelques vieilles vaches assez hautes en cellules : « L’objectif est de monter à 200 vaches et produire toute la référence, soit 1,9 million de litres de lait. »

Les matelas Aquaclim thermodynamiques pour rafraîchir les vaches

« On attache beaucoup d’importance au confort des vaches car elles ne sortent pas », explique Gérard Courcoul. « Seules les vaches taries et les génisses vont au pâturage. Ce type de conduite est maintenant fortement pointé du doigt et on en vient même à se demander si le pâturage ne deviendrait pas un standard dans le paiement du lait à l’avenir. » À titre d’exemple, deux laiteries se proposaient de collecter leur lait : Laïta et Saint-Père. Cette dernière imposait aux éleveurs de faire pâturer leur troupeau, une impossibilité pour eux. « Si les vaches ne sortent pas, on essaie tout de même de maximiser leur bien-être au sein même du bâtiment. »

Cela passe par la conformation du bâtiment (ouvert sur 3 côtés), l’installation de brosses, la propreté, mais aussi et surtout le couchage. Amélie explique : « On avait pour projet d’installer des matelas à eau car ils limitent les points de pression. L’entreprise Bioret agri nous a proposé d’installer leurs nouveaux matelas Aquaclim thermodynamiques. »

Sur le même principe que la géothermie, les matelas à eau fonctionnent par zoothermie

On aperçoit 4 canules au centre des matelas permettant de faire circuler de l’eau sous les vaches. « L’eau froide injectée permet de rafraîchir les vaches couchées : la chaleur qu’elles dégagent se diffuse dans les canules et réchauffe cette eau que nous récupérons. » Deux avantages se distinguent dans ce système : le  stress thermique est limité car les vaches évacuent des calories sur ces matelas à eau et les éleveurs récupèrent cette énergie valorisable.

« On a au minimum 1,5°C d’écart entre l’eau qui entre et celle qui sort et on peut monter jusqu’à 3°C. Cela dépend du nombre de vaches couchées. Le système permet de garder une température constante d’environ 20°C sur les matelas. » Le système fonctionne en circuit fermé. L’eau chaude est réintégrée dans le circuit du bâtiment et sert au nettoyage des robots et prochainement à la préparation du lait pour les veaux lorsqu’ils passeront à la poudre de lait. Une autre utilisation sera par la suite testée : « On a disposé des serpentins d’eau dans le béton extérieur sous les cases à veau en espérant réchauffer le sol pour assécher la litière. C’est à l’étude. » À suivre donc !

En tout et pour tout, le bâtiment a coûté 1,2 million d’euros au Gaec. Amélie tient à préciser cependant : « Nous avons réalisé un partenariat avec Bioret agri pour l’installation des logettes et matelas. L’entreprise a alors revu ses prix à la baisse car il s’agissait là de leur première installation. Le coût total n’aurait pas été le même sans ça. » Interrogé, Jean-Vincent Bioret explique avoir vendu l’installation (matelas, circulateur et échangeur thermique) au prix de 280 €/place contre 350 € en prix public hors plomberie et pompe à chaleur. Pour ce qui est de la consommation d’énergie, les éleveurs n’ont pas assez de recul pour l’estimer. En revanche, Bioret agri parle d’un coût de fonctionnement électrique de l’ordre de 5 €/jour pour 100 VL.

Travailler à 6 associés : une organisation s’impose

Travailler à 6 n’est pas une mince affaire : « Tout le monde doit prendre ses marques dans cette nouvelle organisation. Nous ne travaillions pas tous de la même manière. D’ailleurs, il n’y a pas que les vaches à faire. L’exploitation comprend aussi 450 ha de culture, 2 000 places de porcs en engraissement et 350 taurillons. On se répartit le travail selon nos compétences et ce qu’on aime faire. » Ainsi, Amélie et son mari Gérard se concentrent sur les vaches laitières, mais les 4 autres y participent aussi. Franck, Clément et Jean-Guy s’occupent plutôt des taurillons mais prodiguent également les soins des vaches (paillage et alimentation) et Vincent se consacre à l’atelier porc tout en faisant aussi les logettes dans le bâtiment vaches laitières.

« On passe en moyenne 10 h/j dans la stabulation et tout le monde donne un coup de main, même ceux qui ne sont pas branchés lait. D’ailleurs, on parvient à faire un roulement pour les week-ends : on travaille 3 par 3 un week-end sur deux du samedi midi au lundi matin. C’est quelque chose qu’on apprécie et qu’on ne pouvait pas se permettre lorsqu’on était seuls, tout comme les vacances : on prévoit de partir une semaine chacun cet été. »

Si c’était à refaire, Amélie explique qu’elle ne changerait pas grand-chose mis à part quelques petits détails anodins sur le bâtiment, telle que la dimension d’une barrière. Aucune évolution n’est à prévoir si ce n’est l’agrandissement du troupeau : « Le 4 e robot a déjà son emplacement, et on espère bien faire tout le lait dont on a le droit de produire, voire plus si possible. La stabulation peut également être agrandie, c’était prévu lors de sa conception. L’objectif actuel est de faire vieillir le troupeau (actuellement à 2,5 lactations de moyenne) sans garder les vaches les moins productives, mais ça se fera petit à petit. »