En test à Saint-Hilaire-en-Woëvre (55)

Sur le principe du collier électrique, la clôture virtuelle est-elle efficace ?


TNC le 15/05/2020 à 10:07
Le retrait de la clôture physique doit se faire progressivement pour que le troupeau bénéficie d'une phase d'apprentissage aux signaux du collier. (©TNC)

Le retrait de la clôture physique doit se faire progressivement pour que le troupeau bénéficie d'une phase d'apprentissage aux signaux du collier. (©TNC)

La clôture virtuelle, quésaco ? Une fois la zone de pâturage définie sur un logiciel de cartographie et les animaux équipés d'un collier GPS, plus besoin de clôture physique. Signal sonore puis signal électrique les avertissent s'ils franchissent la limite définie. Après un premier test, la Digiferme de Saint-Hilaire-en-Woëvre (55) lance une expérimentation sur son troupeau allaitant.

Sur deux mois l’année dernière, la Digiferme d’Arvalis à Saint-Hilaire-en-Woëvre (Lorraine) a testé le système norvégien Nofence. En délimitant la zone de pâturage sur un logiciel et en équipant les vaches de colliers GPS, cette technologie permet de s’affranchir de clôture. En effet, sur le même principe qu’un collier électrique connu pour les chiens, le collier envoie un signal sonore dès que l’animal s’approche trop près de la limite et un signal électrique s’il la franchit.

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Clôture virtuelle : quel impact sur le comportement du troupeau ?

En équipant les génisses charolaises du troupeau, les techniciens ont convenu d’une période d’apprentissage de trois semaines avec retrait progressif de la clôture physique. Au regard des données collectées, les experts sont formels : « Avec la clôture virtuelle, le comportement est propre à chaque animal. Si certains ne modifient pas du tout leur attitude, d’autres cherchent toujours à franchir la limite et reviennent une fois qu’ils l’ont passée. »

Après ce premier test, une nouvelle expérience de plus grande ampleur devrait prochainement voir le jour, toujours en allaitant, en pâturage tournant. « Certains tests réalisés à l’étranger montrent que ce dispositif perturbe les animaux et diminuent le temps de pâturage (notamment pour ceux qui cherchent constamment la limite). Nous aimerions alors mesurer l’impact global sur l’activité du troupeau (performances, temps de repos contre temps d’ingestion, capacité des animaux à faire le lien entre le son et la limite, etc.). » Autre aspect à mesurer : la performance économique, car comme l’expliquent les ingénieurs, « il y en a pour 300 € par collier avec la batterie + un abonnement de 30 à 60 centimes/collier/jour. »

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