Boiterie

Prévenir les risques de dermatite digitale chez les jeunes bovins


TNC le 13/10/2021 à 06:04
Attention : la litiere et la surdensite dans les cases sont des facteurs favorisant la transmission des dermatites. (©TNC)

Attention : la litiere et la surdensite dans les cases sont des facteurs favorisant la transmission des dermatites. (©TNC)

En élevage de jeunes bovins aussi, les problèmes de boiterie peuvent pénaliser les performances. La Mortellaro ayant fait son apparition dans les ateliers, il faut savoir agir pour limiter sa transmission.

Déjà bien présente en élevage laitier, la dermatite digitale, aussi appelée maladie de Mortellaro, est une lésion ulcérative des pieds causée par une bactérie. La dermatite est à l’origine de boiteries, avec toutes les conséquences que cela entraîne sur les performances et l’état de santé des animaux.

« La dermatite digitale fait son apparition en élevage de jeunes bovins, souligne Aurore Waché, de l’Institut de l’élevage. Alertés par un groupe d’éleveurs de l’Aisne, une étude a été conduite dans 8 ateliers d’engraissement, dont 7 où ont été détectés des animaux contaminés. » Sur les animaux suivis, 16 % ont dû être vendus précocement, dont 75 % à cause d’un problème de boiterie. Cette première étude en élevage de taurillons va aider à mieux comprendre comment la maladie circule et à dégager des pistes pour contenir la pression infectieuse et l’évolution vers des lésions graves afin de limiter la douleur et les pertes économiques.

Limiter la transmission

Lever les pattes n’est pas une habitude dans les élevages allaitants. Pourtant, il n’est pas rare que des lésions de dermatite soient présentes. « Dans les élevages suivis, nous avons trouvé en moyenne 1,7 lésion par animal, détaille Aurore Waché. Souvent, les lésions sont plus profondes qu’en vaches laitières car détectées plus tard. »

En plus de l’impact sur sa propre santé, un animal atteint va excréter des bactéries et contaminer la litière. Elle est l’un des vecteurs principaux de contamination, surtout quand elle s’échauffe ou qu’elle n’est pas changée en cas de réallotement. D’autres facteurs augmentent les risques de voir la dermatite se propager : la surdensité d’animaux par case, et le fait de grouper des JB provenant de plus de 5 cheptels naisseurs différents.

Profiter des pesées pour observer le déplacement des animaux et détecter les boiteries.

Pour une détection précoce, il faut observer régulièrement le déplacement de ses animaux pour détecter les boiteries. Comme ce n’est pas évident dans les cases, autant profiter d’une pesée pour regarder les animaux marcher. En cas de suspicion de boiterie, il faudra lever les pattes.

Miser sur la prévention

L’arrivée des animaux sur l’exploitation est le point clé pour éviter d’introduire la bactérie. Vous pouvez les faire passer par un pédiluve ou appliquer un traitement de la litière.

Il est également recommandé de limiter le brassage en constituant des lots avec au maximum 5 origines et de préserver une densité correcte dans les cases.

La gestion des litières est un autre point clé de la prévention face à la dermatite. Sa température ne doit pas dépasser les 40°C et elle doit être entièrement renouvelée lors des entrées en quarantaine et à chaque changement de cases d’engraissement. « Autant que possible, il faut garder les animaux dans la même case tout au long de l’engraissement », conseille l’experte. Enfin, le parage préventif et curatif doit devenir une pratique courante en élevage allaitant.