Déserts vétérinaires en zone rurale

Pour combler le manque de vétérinaires, une nouvelle voie d’études post-bac


AFP le 20/12/2019 à 23:16
Dans certaines zones agricoles, il est de plus en plus difficile de trouver un vétérinaire. (©TNC)

Dans certaines zones agricoles, il est de plus en plus difficile de trouver un vétérinaire. (©TNC)

Le gouvernement a annoncé vendredi l'ouverture à la rentrée 2021 d'une nouvelle voie d'accès post-bac pour les études de vétérinaire, qui, quoique limitée, pourrait aider à combler des déserts vétérinaires en cours de formation en zones rurales.

En 2021, les élèves de classe terminale qui souhaitent devenir vétérinaire pourront s’inscrire via Parcoursup dans les écoles nationales vétérinaires (ENV): 160 places seront disponibles pour cette première année après examen de leur dossier scolaire et après entretiens, ont indiqué vendredi les ministres de l’enseignement supérieur et de l’agriculture.

Ces 160 étudiants suivront une année de cycle préparatoire intégré d’un an, dispensé dans les écoles vétérinaires.

Quelque 480 étudiants continueront à être recrutés dans les Ecoles nationales vétérinaires par les trois voies d’entrée existantes : le concours A accessible après deux ans de classes préparatoire, le concours B, accessible après 120 crédits ECTS acquis lors d’une licence, et le concours C, accessible après un BTS/DUT/BTSA ou une licence professionnelle.

Le mode supplémentaire de recrutement post-bac « permettra non seulement d’augmenter le nombre de vétérinaires formés pour la pratique rurale, mais offrira aux élèves de terminale ayant de bons résultats scolaires mais pour lesquels la classe préparatoire pourrait être perçue comme un obstacle, la possibilité de postuler directement dans une des quatre écoles nationales vétérinaires » indiquent les deux ministères.

Cette réforme s’inscrit « dans la volonté du gouvernement de favoriser l’ouverture sociale et diversifier le recrutement des grandes écoles », ajoute le texte.

Recul, voire l’absence de vétérinaires dans des zones rudes

Comme dans la santé humaine, des déserts médicaux se créent aussi en santé animale, surtout dans les zones rurales où l’élevage se ralentit, a déploré cet été l’Ordre national des vétérinaires.

Avec 18 548 vétérinaires inscrits à l’Ordre, le nombre total de praticiens a augmenté de 1,1 % en 2018 par rapport à 2017, et de 4 % par rapport à 2014. Mais le dernier atlas démographique de la population vétérinaire, paru cet été, a mis en lumière le recul, voire l’absence de vétérinaires dans des zones rudes comme les contreforts sud du Massif Central, certaines régions des Alpes ou des Pyrénées qui sont pourtant des zones d’élevage, mais aussi autour de Troyes, Reims, Limoges, dans la Manche ou le Jura.

Lire aussi : Après les déserts médicaux, la ruralité confrontée aux déserts vétérinaires

A la rentrée, la conférence des directeurs des établissements d’enseignement supérieur agronomique et vétérinaire avait annoncé une augmentation de 20 % du nombre de places supplémentaires d’ici à 2024 dans les écoles vétérinaires et d’agronomie, avec un effort particulier pour les recrutements « post-bac » et « apprentissage » afin de permettre « à plus de jeunes, issus de tous les territoires, avec des parcours scolaires diversifiés de devenir vétérinaires ou ingénieur agronomes/agroalimentaire ».

Lire aussi : Dans l’Aude, le départ d’une vétérinaire synonyme de « catastrophe »