Maïs fourrage

Michel Moquet, Arvalis : « Une campagne difficile avec de fortes disparités »


TNC le 16/09/2019 à 06:02
(©TNC)

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Après une année particulièrement compliquée en 2018, la sécheresse récidive en 2019. Les maïs ont encore une fois souffert et les récoltes s'annoncent assez disparates d'une région à l'autre. Michel Moquet, ingénieur régional Arvalis-Institut du végétal, fait le point sur les récoltes en cours et à venir. Il s'attend à des valeurs alimentaires plus faibles, d'où l'importance de bien analyser son maïs pour ajuster la ration.

« C’est une nouvelle campagne difficile en matière de production fourragère », témoigne Michel Moquet, ingénieur régional Arvalis-Institut du végétal. « On a tout de même eu une bonne production de l’herbe au printemps, en termes de quantité et de qualité, même si les valeurs azotées étaient tout de même assez faibles. » Concernant le maïs, l’expert confirme qu’il a connu de sacrées difficultés dans certains secteurs. D’ailleurs, plusieurs agriculteurs ont été contraints d’ensiler dès le début du mois d’août.

Une campagne de maïs fourrage rythmée d’aléas

« En première partie de cycle, les maïs ont manqué d’eau, ce qui a ralenti le démarrage. En prime, les attaques de ravageurs ont été importantes, ce qui a limité les peuplements. Les conditions de pousse étaient relativement difficiles avec des températures basses. Enfin, en juillet, les températures sont bien remontées mais les sols étaient trop secs. Ainsi, le stress a été important et de façon précoce (même avant la floraison). »

Les rendements devraient alors se montrer inférieurs à la normale, du fait de cette production tige/feuille limitée. Les maïs présentent aussi moins de grains, donc moins d’amidon. « Il faut s’attendre à des valeurs plus faibles mais cela dépend vraiment des secteurs. »

En attendant, retrouvez : Des récoltes qui s’annoncent soit prometteuses ou très sèches

Des maïs desséchés et du transfert de grain vers l’ensilage

Avec le manque de fourrages, beaucoup de transferts auront lieu. Des parcelles prévues en grain seront finalement récoltées en ensilage. « On a eu certaines années jusqu’à 80 000 ha transférés à l’échelle nationale. On devrait retrouver cette année un fort niveau de transfert, notamment dans les zones d’élevage où les éleveurs de porcs manqueront de maïs grain humide et les éleveurs bovins d’ensilage. »

Par endroits, les maïs ont desséché sur pieds. Dans ce cas, Michel Moquet préconise d’être vigilant quant à la finesse de hachage et le tassement du silo. En revanche, il affirme : « On peut en revanche avoir des surprises concernant la qualité : on peut rester sur des valeurs de digestibilité assez bonnes, dans la mesure où les récoltes ne sont pas trop tardives. Les plantes desséchées relativement jeunes conservent une fibre digestible. »

On voit depuis quelques années, des parcelles de maïs semées en dérobés, pour une utilisation énergétique mais aussi fourragère. « Un maïs très précoce peut s’en sortir mais le besoin en eau est déterminant. Cette année par exemple, c’était le véritable facteur limitant. »