Semis de maïs

Les six points à vérifier sur le semoir avant de débuter les chantiers


TNC le 30/03/2021 à 06:03
Benoit Renoult d'Avanta inspecte les semoirs à maïs avant le lancement des semis. (©TNC)

Benoit Renoult d'Avanta inspecte les semoirs à maïs avant le lancement des semis. (©TNC)

Sur un semoir à maïs, plusieurs points d’usures et de réglages peuvent compromettre la bonne localisation de la graine lors du semis. Tour d’horizon de ces indicateurs clés avec Benoît Renoult, responsable de secteur Advanta en Bretagne.

Chaque année ce sont plus de 60 semoirs Kuhn et Monosem que Benoît Renoult, en charge de la Bretagne Sud pour le semencier Advanta, inspecte et vérifie. Pour lui un seul objectif : « Faire en sorte que toutes les graines de la dose soit bien positionnées. » Ce matin là, c’est sur le site de Caden (Morbihan) de la coopérative Eureden qu’il passe un semoir monograine Kuhn au crible. Pour chaque point vérifié, il indique si la pièce est dans un état : bon, moyen ou à changer.

Vérifier l’usure des socs et des disques

Pour Benoît Renoult, s’il n’y avait qu’un point à retenir, ce serait l’usure des disques et socs. Sur les 150 semoirs contrôlés en 2019/2020 par les équipes Advanta, 31 % étaient équipés de socs ou de disques ouvreurs trop usés et 28 % en état moyen.

Lorsqu’ils sont trop abîmés, le sillon est mal formé et les graines ne tombent pas au bon endroit. « Pour s’apercevoir de l’ampleur de cet usure, il ne faut pas hésiter à placer le soc à côté d’un modèle neuf. Parfois, j’entends des agriculteurs me dire qu’ils auraient du changer la pièce l’an dernier, alors qu’il fallait le faire déjà depuis cinq ans ! », témoigne le morbihannais. Il incite à surveiller particulièrement la pointe de soc entre les disques ouvreurs. « C’est une pièce d’usure qui n’est pas visible, il faut démonter la roue de jauge et le disque ouvreur pour l’atteindre. Dans 60 % des contrôles que je réalise, il faut la changer. »

Placer une pièce neuve à côté de celle du semoir permet de se rendre compte visuellement de son usure. (©TNM)

Concernant les disques semeurs, il rapporte un cas d’usure extrême pour lequel le bord du disque s’était détaché. « En même temps que le disque semeur, il faut changer l’insert de frottement au risque d’user prématurément le disque neuf » illustre Benoît Renoult. Les socs et disques fertiliseurs sont eux aussi à surveiller. Pour 26 % des semoirs inspectés par l’équipe Advanta, ces éléments étaient trop usés.

Présence du kit déflecteur

Le kit déflecteur est maintenant obligatoire sur tous les semoirs. « Même les agriculteurs qui n’utilisent pas d’insecticide au semis doivent être équipés » insiste Benoît Renoult. L’absence de cet élément peut avoir des conséquences en cas de contrôle Pac. « Aujourd’hui, les semoirs neufs sont quasiment tous équipés de kit déflecteur. C’est sur les vieux semoirs qu’il faut vérifier » indique le responsable de secteur Advanta.

Régler les distances entres graines et engrais starter

De manière optimale l’engrais starter doit se trouver entre 5 et 6 cm de la graine. « S’il est trop près, il va entraîner une intoxication ammoniacale et s’il est trop loin, il va agir trop tard », explique le breton.

Pour vérifier cette distance, il propose de traîner le semoir sur une courte distance de surface dure. Les traces laissées au sol permettent alors de mesurer l’écartement réel. De la même manière, l’agriculteur peut mesurer la distance entre les éléments semeurs. « Avant il pouvait y avoir des écarts de 1 à 2 cm, mais avec le développement du binage il est primordial que l’écartement entre éléments semeurs soit strictement identique » prévient Benoît Renoult.

Pour mesurer l’écart entre le placement de la graine et celui de l’engrais, Benoît Renoult trace des lignes au sol avec le semoir. (©TNC)

Des pneus dans le bon sens

« Le semoir est fait pour être tiré, pas pour pousser » souligne l’expert Advanta. C’est pour cela que les pneus semblent parfois être à l’envers sur ces outils. Benoît Renoult s’est aperçu que dans certains cas, par habitude les agriculteurs les remontent à l’envers après une crevaison. Ainsi en 2019/20, ce sont plus de 15 % des semoirs inspectés qui avaient des roues montées à l’envers. Une erreur qui peut favoriser le patinage.

Entretenir les trémies

« Pour 50 % des semoirs vérifiés, il est nécessaire de nettoyer les trémies » assure Benoît Renoult. De manière plus précise, il explique que lorsque que le clinquant du système de microgranulateur est abîmé sur les modèles Kuhn, les granulés passent sur les bagues plutôt que dans les cannelures et finissent au sol. Le problème est identique lorsque les cannelures sont sales et encrassées.

Sur les Monosem où les granulés tombent par gravité, ce sont les vis sans fin qui sont souvent bouchées par de la ficelle ou colmatées. « Le seul moyen est alors de les démonter » assure-t-il.

Sur les semoirs Monosem, il est nécessaire de démonter l’ensemble du système de microgranulateur pour nettoyer la vis sans fin. (©TNC)

Savoir régler le sélecteur de double selon le PMG

Ici, l’idée n’est pas de changer constamment ce réglage, mais plutôt de l’adapter à chaque variété semée. Quand le PMG de la variété est important, il faut ouvrir le sélecteur de double et à l’inverse le fermer pour les variétés à petits grains.

« Quand la console sonne en cabine, ça peut venir du sélecteur de double. S’il y a des doubles, il faut alors descendre le réglage et s’il y a des manques le remonter » détaille Benoît Renoult.