En Atlantique Nord

Les pêcheurs s’entendent pour mieux protéger le requin-taupe bleu


AFP le 24/11/2021 à 10:17

Les pays pêchant dans l'Atlantique Nord se sont mis d'accord pour mieux protéger les requins-taupes bleus, une espèce menacée, lors de la réunion de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique qui s'est achevée mardi soir.

« L’ICCAT a convenu d’une nouvelle mesure de conservation pour le requin-taupe bleu de l’Atlantique Nord capturé » par les pêcheries des pays membres de l’ICCAT, « afin de mettre immédiatement fin à la surpêche », selon un communiqué de la commission internationale.

Cette nouvelle mesure « interdit aux pêcheurs de conserver à bord, de transborder et de débarquer (en totalité ou en partie) des requins-taupes bleus de l’Atlantique Nord capturés » par les pêcheries de l’ICCAT « en 2022 et 2023 », détaille dans un communiqué l’ONG britannique The Shark Trust, qui agit pour la protection des requins. La disposition était, selon cette ONG, recommandée par les scientifiques depuis 2017.

L’ONG Pew, elle aussi active dans la protection de l’environnement, salue cette mesure, portée notamment par le Sénégal, le Canada et le Royaume-Uni. La population de requins-taupes bleus de l’Atlantique Nord est « la plus menacée d’une espèce en danger au niveau mondial », souligne-t-elle.

The Shark Trust pointe du doigt l’Union européenne, qui, dit-elle, « a contribué à 74 % des captures de cette espèce dans l’Atlantique Nord en 2020 » et qui voudrait, selon l’ONG, reprendre la pêche de ces requins dès que possible.

La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA, ICCAT en anglais) regroupe une cinquantaine d’Etats. Elle est chargée de fixer des niveaux de pêche pour plusieurs espèces de thonidés (thons, bonites, makaires, espadons) et de requins en Atlantique et en Méditerranée, dans le but d’assurer la conservation de ces espèces vivant en haute mer.

Cet organisme a adopté de nouveaux quotas de pêche pour plusieurs espèces: 62.000 tonnes pour le thon obèse en 2022, 110.000 tonnes pour l’albacore et 36.000 tonnes pour le thon rouge. « En 2022, une nouvelle évaluation du stock de thon rouge de l’Atlantique Est et de la Méditerranée sera réalisée », précise l’ICCAT.

« Cette réunion a été un succès, montrant que de réels progrès peuvent être réalisés en dépit des défis posés par la pandémie » de Covid-19 et des réunions tenues en ligne, souligne encore l’ONG Pew Charitable Trusts.