Identification des bovins

Les éleveurs très peu favorables aux boucles électroniques


Alimentation et fourrages le 27/05/2016 à 07:25
La puce électronique RFID intégrée dans la boucle visuelle placée à l'oreille gauche évite d'avoir à s'encombrer de colliers d'identification pour les automates (Dac, Dal, pesée, robot...). (©TNC)

La puce électronique RFID intégrée dans la boucle visuelle placée à l'oreille gauche évite d'avoir à s'encombrer de colliers d'identification pour les automates (Dac, Dal, pesée, robot...). (©TNC)

Sondage en ligne sur Web-agri.fr avril 2015. (©Tnm)

Sondage en ligne sur Web-agri.fr avril 2015. (©Tnm)

Près de 4 000 élevages bovins ont posé des boucles d’identification électronique (RFID) sur leurs vaches, soit environ 3 % des élevages, principalement laitiers. Contrairement à d’autres pays, les éleveurs français restent encore très peu équipés. Pour cause : environ 65 % d’entre eux n’y seraient pas favorables.

L’Institut de l’élevage a fait le bilan : au 1er janvier 2016, 3 957 élevages français utilisaient des boucles électroniques. Soit près de 350 000 bovins reproducteurs officiellement pucés à l’oreille gauche. Une broutille comparée à d’autres pays. En France, il s’agit principalement d’élevages laitiers ou mixtes, soit environ 8 % des vaches laitières françaises. En effet, les éleveurs laitiers peuvent trouver des avantages à remplacer les colliers ou les boucles paturon par des boucles auriculaires pour leurs différents automates (DAC, compteurs à lait, DAL, robot de traite…). Le RFID est davantage utilisé dans les grands troupeaux : de plus de 100 vaches utilisent des boucles électroniques.

A l’inverse, seulement 202 exploitations spécialisées en vaches allaitantes ont identifié électroniquement leurs animaux, ce qui représente moins de 1 % des vaches allaitantes. En élevage de bovin viande, celle-ci peut être utile pour la pesée et le tri automatique des animaux.

« Les éleveurs bovins français sont à la traîne, estime Arduino Debellis, directeur de la filiale française de l’entreprise Datamars, un des leaders mondiaux de l’identification électronique. D’autres pays européens comme le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Allemagne sont bien plus équipés. Aux Etats-Unis ou en Australie, l’identification électronique est quasi systématique. Car c’est le futur et cela ira de pair avec la dématérialisation des passeports bovins », assure-t-il. La société Datamars vient d’installer ses locaux à Beaune (Côte-d’Or) et passe des appels d’offre auprès des Etablissements départementaux d’élevage (EDE), seuls responsables de l’achat de boucles électroniques. Les chiens et les chats, ainsi que les ovins et caprins pour lesquels l’identification électronique est obligatoire depuis 2015, représentent leurs premiers marchés, loin devant celui des bovins qui ne fait que débuter.

En 2015, . Deux tiers concernaient des boucles de naissances (N10) et un tiers des boucles d’électronisation (RIE), c’est-à-dire le remplacement d’une boucle conventionnelle par une boucle électronique (notamment sur l’ensemble des vaches d’un troupeau). A savoir qu’il existe deux types de puces RFID : le standard HDX est majoritaire sur le terrain (70% des boucles commandées) devant le standard FDX (30%). Les fabricants proposent désormais des matériels « full-ISO », compatibles avec les deux types de puces.

L’identification électronique reste La majorité des éleveurs n’en n’ont pour le moment pas vraiment l’utilité. Le prix reste le principal frein. Par rapport à l’identification conventionnelle visuelle, le coût supplémentaire d’une boucle RFID est de l’ordre de 1 à 1,5 € par animal.

D’après un sondage en ligne auprès de 654 lecteurs de Web-agri.fr en avril 2015, il ressort que pour 1€ de plus par animal, dont les 2/3 « pas du tout favorables ». Tandis que 27 % des éleveurs se disent « plutôt favorables » ou « très favorables » à l’électronisation de leur troupeau et 9 % ne se prononcent pas.

Mais les réticences ne sont pas que financières. Par exemple, l’obligation de « puçage » des petits ruminants engagée dès 2011 avait entraîné la colère des bergers, vent debout contre la fin du pastoralisme et l’entrée dans l’ère de l’industrialisation de leurs élevages traditionnels. Les éleveurs ovins dénonçaient également l’argument de la traçabilité, jugée déjà amplement suffisante avec deux boucles visuelles. De plus, qui l’estiment davantage utile aux abatteurs plutôt qu’aux éleveurs eux-mêmes. Un sujet qui a même fait l’objet du film « Mouton 2.0 – La puce à l’oreille ».