Le gouvernement réaffirme sa stratégie d’abattage total en cas de dermatose


AFP le 29/08/2025 à 09:45
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Le gouvernement apprécie les premiers effets de la vaccination, avec une décrue des détections de foyers sur le mois d'août. (© TNC)

Deux mois après l'apparition de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans des troupeaux bovins en Savoie, le ministère de l'Agriculture a maintenu sa stratégie combinant la vaccination et l'abattage total des foyers, bien que celui-ci ait de nouveau été contesté lors du parlement sanitaire réuni jeudi.

Le conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale, instance de consultation composée des syndicats agricoles, vétérinaires et scientifiques spécialistes, surnommé le parlement sanitaire, s’est réuni sous la présidence de la ministre Annie Genevard le 28 août.

90 % de vaccination en zone réglementée

A ce jour, 77 foyers ont été recensés dans 45 élevages (32 en Savoie, 44 en Haute-Savoie et un dans l’Ain détecté la semaine dernière), 1.718 animaux ont été abattus et plus de 220.000 vaccinés, soit plus de 90% des animaux de la zone réglementée, où les mouvements d’animaux sont aussi restreints.

La zone de vaccination a été étendue avec le foyer détecté dans l’Ain (263.000 animaux) et le conseil a aussi voté jeudi son extension à la Corse, proche de la Sardaigne où des premiers cas avaient été détectés avant l’arrivée du virus en France.

La « nette décrue » des cas ces dernières semaines « témoigne de l’efficacité des mesures mises en oeuvre sur le terrain et si les mesures de lutte continuent d’être appliquées avec rigueur par tous les acteurs sur le terrain, une éradication rapide de la DNC est possible », indique le ministère dans un communiqué.

Certains syndicats agricoles ne partagent pas complètement la stratégie d’abattage total

« Certains syndicats agricoles ne partagent pas complètement la stratégie d’abattage total, c’est l’un des points d’achoppement, mais pour autant, l’ensemble des syndicats sont alignés sur la stratégie d’éradication », a précisé le ministère lors d’un échange avec des journalistes.

La Coordination rurale et la Confédération paysanne sont opposées aux abattages totaux quand l’alliance FNSEA-JA les soutient.

« On nous accuse de retarder l’éradication en bloquant un abattage (à Faverges en Haute-Savoie) mais c’est du chantage (…) Il n’y unanimité sur l’objectif d’éradication que car nous souhaitons mettre fin aux mesures disproportionnées subies par les éleveurs et qu’on nous a imposées au conseil précédent », dénonce Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne auprès de l’AFP.

« Nous souhaitons après cette crise instaurer un autre mode de consultation, une vraie réflexion collective sur les stratégies sanitaires », ajoute-t-il.

Le gouvernement planche sur la descente d’alpage

Le ministère a ajouté travailler à la question de la descente des alpages à l’approche des baisses de températures, les mouvements d’animaux étant restreints, avec « une réponse dans les prochains jours ».

A ce jour, 42 éleveurs ont reçu des avances d’indemnisations pour un montant de 2,4 millions d’euros. Interrogé sur les aides aux éleveurs qui ne peuvent exporter leurs veaux, le ministère a indiqué que la phase « économique » de gestion de la maladie aurait lieu « dans un second temps ».