Abreuvement

La qualité de l’eau trop souvent sous-estimée


Alimentation et fourrages le 16/08/2017 à 10:25

Une eau d’abreuvement de mauvaise qualité peut être vecteur de nombreuses pathologies telles que des toux, mammites, diarrhées, boiteries, problèmes digestifs ou de croissance, dysfonctionnements rénaux... L’eau peut transporter des bactéries, virus, parasites ou tout simplement des éléments minéraux et sa qualité laisse souvent à désirer. Il s’agit pourtant de l’aliment le plus consommé en termes de quantité.

L’eau en élevage peut provenir de différentes sources : forage privé, eaux de surface, puits, réseau, récupération de pluies. De plus, les systèmes d’abreuvement sont nombreux sur le marché : bacs de pâture en plastique ou acier, abreuvoirs automatiques, bacs basculants… Un sondage réalisé du 11 au 27 juillet 2017 sur Web-agri révèle que 71,2 % des éleveurs accordent une haute importance à la qualité de l’eau. 22,6 % lui attribuent une importance moyenne et 6,1 % ne s’en préoccupent pas. Une majorité des éleveurs est donc soucieuse de la qualité de l’eau et pourtant, rares sont les installations dans lesquelles les abreuvoirs sont nettoyés régulièrement et où la qualité de l’eau est vérifiée par analyse physico-chimique et bactériologique.

L’eau issue du réseau est une eau dite « à destination de la consommation humaine ». Elle est donc sans danger apparent pour la santé du troupeau. Le plus grand risque réside sur la contamination des systèmes d’abreuvement par salissures, résidus d’aliments et excréments. Ces contaminations bactériennes impactent directement la santé des animaux ou indirectement la valeur sanitaire de leurs produits. Par exemple, une eau présentant des coliformes ou streptocoques fécaux en grande quantité implique un risque de présence de salmonelles ou de listeria qui induisent des diarrhées chez les animaux. Plusieurs études démontrent également que la qualité bactériologique de l’eau peut jouer un rôle sur les mammites, les métrites et les avortements.

La plupart des éleveurs possèdent leur propre forage, sur lequel un traitement est installé afin d’assainir la qualité de l’eau. Le plus souvent, le traitement se fait par chloration. Eau traitée ou non, peu d’éleveurs réalisent des analyses afin de vérifier sa conformité et éviter des problèmes sanitaires dans l’élevage. Plusieurs laboratoires proposent des analyses d’eau. L’analyse microbiologique recherche les germes présents dont essentiellement les coliformes, E. Coli, les entérocoques, les salmonelles et les spores de bactéries anaérobies sulfito-réductrices. L’analyse physico-chimique donne le pH, la dureté, la turbidité et la quantité d’éléments minéraux présents. Pour la réalisation d’une analyse de potabilité (qui évalue les paramètres physico-chimiques et bactériologiques), il faut compter environ 150 €. Une analyse dont le résultat serait correct éviterait à l’éleveur d’investir dans un système de traitement coûteux.

La mise à disposition d’eau fait partie des cinq libertés dont doit jouir l’animal afin de garantir son bien-être. Ces cinq conditions ont été élaborées par le Fawec (Farm Animal Welfare Education Center) en 1992 et sont les suivantes :

« – L’animal ne doit souffrir ni de soif, ni de faim ou de malnutrition ;

– L’animal ne doit pas ressentir d’inconfort (zone de repos et refuge à disposition en cas d’intempérie) ;

– L’animal ne doit pas ressentir de douleur, ne doit pas avoir de blessure ou de maladie ;

– L’animal doit pouvoir exprimer des comportements normaux ;

– L’animal ne doit pas connaître de peur ou de stress. »

Ce principe de libertés reste assez vague concernant l’abreuvement puisqu’il indique que l’animal doit seulement être en mesure de boire s’il a soif. Aucune information ne concerne la quantité et encore moins la qualité.