Complémentation

Face à la flambée des prix de l’aliment, la meilleure solution : l’autonomie


TNC le 27/10/2021 à 06:05

Les prix de l'aliment ont rarement été aussi élevés qu'en 2021. Pour réduire les achats de concentrés, il existe quelques solutions à court terme mais aussi et surtout sur la durée. Le nutritionniste Yan Mathioux rappelle que la meilleure solution reste de viser l'autonomie.

« On a des hausses de prix assez incroyables cette année. On a rarement connu ça », confie le nutritionniste Yan Mathioux. « Mais ce n’est pas une raison pour se tourner vers des matières premières bas de gamme parce qu’elles ne sont pas chères. Évitez les recours au tournesol, aux arachides, y compris dans des correcteurs azotés car la vache va perdre en lait, en taux ou en état corporel et on ne gagnera pas d’argent au final. »

Réduire la consommation de concentrés

Il recommande aux éleveurs de « rester sur des sojas/colzas, des lins, des drêches de blé aussi qui peuvent être intéressantes. Et on regarde ce qui peut se faire dans les coproduits humides afin de saisir des opportunités pour réduire la note. »

Yan parle aussi de vinasse. Cet aliment liquide issu de la distillerie va d’ailleurs bien compléter les maïs 2021 : « On va avoir des maïs avec beaucoup d’amidon donc la vinasse va nous apporter de l’azote soluble à pas cher, qui va nous permettre d’enlever 1 kg de soja pour 1,2 kg de vinasse, soit 15 à 30 centimes d’euros à gagner par vache et par jour. »

Il insiste aussi sur l’analyse des fourrages : « Quand c’est cher, on a d’autant plus intérêt d’être précis. On peut aller jusqu’à l’analyse minéral du fourrage pour adapter la complémentation CMV et gagner jusqu’à 50-100 €/t de minéral. »

La filière non OGM à la peine

Les éleveurs engagés en filière non OGM voient le prix du colza s’envoler. Yan Mathioux ne peut que le constater : « Du soja non OGM annoncé à 700 €/t, ou du colza à 330 €/t, ça devient compliqué. On essaie de switcher sur d’autres matières premières. On peut passer sur du wheat feed (co-produit de l’amidonnerie de blé) ou des fibres de blé pour enlever de la céréale et du tourteau afin de gagner 20 à 40 centimes sur les rations. »

Pour lui, la vraie réponse c’est l’autonomie : « Il y a un vrai déficit en France de produits non OGM par rapport à la demande des laiteries qui va être massive demain. Il va falloir travailler sur les fourrages pour être moins dépendants des concentrés. »