Faire face aux aléas climatiques

Comment sécuriser son système fourrager ?


TNC le 28/01/2020 à 09:39
Mettre les animaux à l'herbe dès que possible et bien valoriser l'herbe d'automne seront nécessaires pour sécuriser son système fourrager dans un contexte de sécheresses plus récurrentes. (©Pixabay)

Mettre les animaux à l'herbe dès que possible et bien valoriser l'herbe d'automne seront nécessaires pour sécuriser son système fourrager dans un contexte de sécheresses plus récurrentes. (©Pixabay)

Alors que les sécheresses estivales devraient être de plus en plus fréquentes, comment faire pour sécuriser son système fourrager ? Inosys Réseaux d'élevage du Grand-Est livre quelques recommandations.

Inosys Réseaux d’élevage du Grand-Est a réalisé des simulations de sécheresses estivales sur quatre systèmes d’exploitation de la région. Dans tous les scénarios étudiés, il ressort que ces aléas climatiques ont un coût non négligeable pour les exploitations. Quels que soient les leviers d’adaptation mis en œuvre à court, moyen et long terme (achat d’aliments, modification de la SFP et modification des équilibres entre ateliers animaux), ils ne permettent pas de retrouver le revenu initial. 

Retrouvez les simulations de sécheresse du dispositif Inosys-Réseaux d’Elevage du Grand-Est

Pour sécuriser un maximum son système fourrager dans ce contexte de sécheresses plus fréquentes, Inosys Réseaux d’élevage du Grand-Est apporte quelques recommandations aux éleveurs : 

  • « Faire une prévision fourragère chaque année pour mieux anticiper » : en effet, un bilan fourrager, réalisé à intervalle régulier, permet de s’assurer de la bonne adéquation entre les stocks et les besoins de façon à anticiper les situations de déficit fourrager qui coûtent cher.
  • « Bien maîtriser la fertilisation de ses prairies en faisant les apports d’azote au bon moment (200°C jours à partir du 1er janvier) et en apportant des engrais de fond lorsqu’une impasse sur le fumier est faite sur plus de 2 ans » ;
  • « Mettre à l’herbe dès que les conditions de portance le permettent et avec des chargements conformes à la prévision fourragère » ;
  • « Faucher plus précocement pour augmenter les surfaces faites en 2e coupe, augmenter les surfaces pâturables et améliorer la qualité de l’ensilage d’herbe » ;
  • « Mieux valoriser l’herbe d’automne ». Le Gnis explique également « qu’en profitant de cette herbe, vous pouvez réduire votre consommation de ration hivernale et donc de correcteur azoté et de fourrage conservé. »
  • « Augmenter sa surface fourragère en implantant davantage de maïs ou d’herbe  » : cela s’avère moins coûteux d’augmenter sa surface de maïs ensilage ou d’herbe que d’acheter le fourrage manquant.
  • « Diminuer les animaux improductifs en ajustant par exemple le nombre de génisses à ses besoins de renouvellement », ce qui permettra au passage de réduire son émission de gaz à effet de serre.
  • « Augmenter sa diversité fourragère (prairies multi-espèces, luzerne, sorgho, betterave…) et avoir des cultures à double fin (maïs, grand et petit météil,…) ».  

Frédéric Lenglet et Gildas Gedouin, éleveurs dans l’Ouest sont dans cette stratégie : ils ont diversifié les espèces implantées et testé des mélanges prairiaux pour voir les plus résistants au manque d’eau. Erwan Henry, éleveur laitier bio à Louargat dans les Côtes d’Armor (22) a quant à lui fait le choix de cultures variées et à double usage comme le maïs qu’il décide d’ensiler ou non selon la quantité et la qualité de ses stocks fourragers.

  • « Augmenter ses capacités de stockage (silo, etc) ». 

Inosys Réseaux d’élevage du Grand-Est conseille également de réfléchir à son système d’exploitation. Pourquoi ne pas envisager une désintensification fourragère qui passerait soit par moins d’animaux ou bien par plus de surfaces ? La place des animaux à faible rentabilité et la productivité des vaches sont également deux sujets qui méritent réflexion.