Contamination du lait

Agir bien avant la traite pour chasser les butyriques


TNC le 06/01/2021 à 06:02
À la traite, l'hygiène des trayons et du matériel doit être irréprochable. (©TNC)

À la traite, l'hygiène des trayons et du matériel doit être irréprochable. (©TNC)

La contamination du lait par les spores butyriques peut coûter cher ! Pour les éviter, pas de secret : il faudra distribuer des fourrages sans terre, être attentif à l'hygiène de traite et vigilant quant aux effluents d'élevage.

Les butyriques sont des bactéries de type Clostridium naturellement présentes dans la terre et les fécès. Elles sporulent lorsque le milieu devient défavorable et peuvent ainsi survivre plusieurs années et résister aux traitements thermiques du lait. Elles recommencent à se multiplier dès que les conditions du milieu redeviennent favorables. C’est le cas par exemple dans un ensilage mal conservé.

Bien qu’elles soient sans danger pour l’Homme, ces bactéries sont des indicateurs d’hygiène de la traite et de l’environnement. Elles font également partie des critères de paiement du lait car elles ont une incidence sur la transformation en fromage (gonflement et mauvais goût)

Remontrer à la source des butyriques

Le risque n°1 concerne l’ensilage (d’herbe principalement), et notamment la terre qui peut s’y retrouver. Les vaches ingèrent les spores butyriques contenues dans les fourrages contaminés par la terre et concentrent ensuite les butyriques dans les bouses. C’est alors dans le bâtiment et à la traite que les spores passent dans le lait. En effet, une mauvaise hygiène du logement avec salissement des trayons, suivie d’une mauvaise hygiène de traite (bouses sur les manchons, trayons mal nettoyés) suffisent.

Il suffit de très peu de bouses pour contaminer le lait par les spores butyriques ! (©Cniel)

La chambre d’agriculture de Moselle listait récemment quelques analyses parlantes : « 1 g de terre contient environ 20 000 spores butyriques. Des trayons sales et difficiles à nettoyer : jusqu’à 10 000 000 spores. Des lavettes mal nettoyées : 500 000 spores/l. »

Alors que faire ?

1/ Récolte et stockage des fourrages

Le but sera d’éviter de ramasser de la terre à la récolte. Pour cela, les différents organismes de conseil en élevage recommandent de remonter la hauteur de fauche (7-8 cm pour l’ensilage d’herbe et 20 cm pour le maïs). Attention aussi à la propreté des tracteurs (notamment au tassage) et aux abords du silo.

Une fois le silo constitué, une acidification rapide du fourrage permettra d’empêcher la multiplication des butyriques. Pour ce faire : hacher le fourrage suffisamment fin, bien tasser le silo et bâcher hermétiquement.

Quid des betteraves fourragères ? Elles devront être lavées pour une distribution à l’auge. Pâturées en revanche, elles ne présentent aucun risque car elles sont consommées fraîches et non pas mélangées à la ration où le processus de fermentation se met en place.

2/ Hygiène des animaux et de traite

Il y a deux critères importants concernant l’hygiène : la propreté des vaches dans leur logement (dans un objectif de propreté de la mamelle), et le fait de brancher des trayons propres et secs à la traite.

Le nettoyage des trayons avant le branchement est primordial. Les quais et les griffes doivent rester le plus propres possible pour éviter les contaminations accidentelles par chute. Pour rappel, les spores butyriques présentes dans le lait proviennent uniquement d’une contamination par les bouses à la traite.

3/ Attention aux effluents d’élevage

L’épandage de fumier et de lisier au printemps sur les parcelles d’herbe à ensiler, enrubanner ou pâturer présente un risque de contamination. Il faudra alors veiller à une répartition homogène de la fumure sur la parcelle et à une bonne dégradation avant la récolte ou le pâturage.