Un revenu « record » pour les exploitations laitières en 2025


TNC le 07/04/2026 à 04:55
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Les revenus des éleveurs laitiers ont été particulièrement élevés en 2025. (© Adobe Stock_Thierry Ryo)

La conjoncture 2025 s’est montrée exceptionnellement favorable aux éleveurs laitiers français qui ont bénéficié d’une hausse marquée du prix du lait et de la viande bovine, parallèlement à une baisse du coût des intrants et une augmentation des volumes, indique l’Institut de l’Elevage, à partir des données du réseau Inosys.

Avec en moyenne 57 800 € par Unité de main-d’œuvre (UMO) en 2025, le revenu des exploitations laitières atteint « un record sur la dernière décennie », souligne l’Institut de l’élevage dans son dossier annuel Bovins Lait, paru en mars. Ces résultats s’appuient cependant sur les données de 369 exploitations du dispositif Inosys et du pôle bio Massif central, choisies pour leurs bonnes performances techniques et économiques, et ne sont pas représentatifs de la moyenne nationale, précise l’institut.

Prix bien orientés et charges en baisse

Le premier facteur expliquant ces bons résultats, ce sont bien sûr les prix, élevés en 2025, y compris en bovin viande. Globalement, la hausse se situe entre 10 € et 25 €/1000 litres pour le lait, et les cotations des vaches de réforme ont progressé de 25 %, tandis que celles des veaux naissants, de + 125 %.

En parallèle, les charges étaient à la baisse, de l’ordre de — 5,7 % pour l’aliment, -3,6 % pour les engrais, -10,3 % pour le carburant et -11,9 % pour l’électricité. Enfin, la météo plutôt clémente a permis de bons rendements pour les cultures et une bonne valorisation de l’herbe à l’automne.

Au final, le résultat courant progresse de 20 000 € entre 2024 et 2025, une tendance « plus favorable aux systèmes les plus productifs », note l’Idele. L’année a avantagé les systèmes de plaine, notamment grâce à l’effet volume : ces systèmes produisent en moyenne un tiers de litre de lait supplémentaire par UMO par rapport aux autres fermes. Ainsi, l’écart entre les systèmes atteint, en moyenne, 45 000 €, accentué au fil des années en raison des gains de productivité effectués par les systèmes de plaine.

A noter que les résultats des exploitations laitières sont globalement en hausse sur 10 ans, mais se révèlent plus fluctuants depuis 2020, sous l’influence des crises (sanitaires ou géopolitiques).

Gains de productivité et agrandissement des structures

Depuis la fin des quotas en 2025, et la pression nouvelle que cela a entraînée sur les prix, les éleveurs en zone de plaine ont en effet cherché les économies d’échelle en agrandissant les exploitations et les cheptels. Le nombre de fermes de plus de 100 vaches a presque doublé entre 2015 et 2025. Une tendance à la spécialisation de ces structures est également à l’œuvre, comme le montre dans certaines exploitations l’arrêt des ateliers viande, et la diminution de la part des cultures de rente.

En parallèle, le nombre d’exploitations a diminué avec les départs en retraite, et le nombre de vaches laitières a lui aussi décliné. Sur 10 ans, on compte 500 000 vaches et un milliard de litres collectés en moins.

Pour compenser la baisse de la main-d’œuvre, les exploitations ont eu de plus en plus recours à l’automatisation, avec désormais 24 % des installations de traite qui sont robotisées, ce qui contribue à une hausse du coût de production du lait. La charge cumulée des bâtiments, installations et mécanisation du coût de production est passée de 225 €/1000 l en 2019 à 288 €/1000 l en 2024, indique l’Idele. Les investissements « se sont mêmes accélérés les deux dernières années, portés par la bonne conjoncture », précise l’Institut.

Cette augmentation est compensée par la hausse du rendement laitier (+ 5 % en deux ans à l’échelle nationale) et des structures plus grandes, mais ces systèmes plus productifs se montrent plus sensibles aux aléas et aux fluctuations du prix, à la différence des systèmes moins dépendants aux intrants, ou produisant moins de volumes (bio et montagne).

Une trésorerie encore vulnérable

Si les résultats des exploitations laitières sont en hausse en 2025, leur trésorerie reste vulnérable, explique l’Idele. La part des exploitations en situation critique (trésorerie nette globale négative) reste stable, à 26 %. La marge de sécurité augmente légèrement en 2025 pour les élevages du Grand-Ouest et de montagne, mais demeure restreinte. Les investissements sont également en hausse dans ces deux zones.

La trésorerie nette globale (TNG) s’améliore en montagne, contrairement à l’Ouest où elle se dégrade. En moyenne, toutes zones confondues, elle s’améliore pour les groupes « peu endettés » et « endettés long et moyen terme », mais se dégrade pour le groupe TNG négative, précise l’Idele.