Sommet « One Health » : de l’antibiorésistance à l’alimentation, les grands sujets sur la table


AFP le 04/04/2026 à 10:15

Maladies d'origine animale, pollutions, résistance aux antibiotiques: ces sujets communs aux santés humaine, animale, végétale et environnementale vont alimenter les échanges lors d'un sommet international organisé par la France, lundi et mardi à Lyon (centre-est).

Autour d’une approche mêlant santé et environnement, des chefs d’État et de gouvernement, dont le président Emmanuel Macron, des ONG, des scientifiques, représentants de la société civile ou banques de développement sont attendus au « One Health Summit ».

Tour d’horizon de grands thèmes au programme : Entre animaux et humains, plus de maladies. Si elles ont émergé sur la Terre il y a des milliers d’années, les zoonoses, ces maladies infectieuses transmises des animaux aux humains, se sont multipliées ces dernières décennies.

Depuis les années 1940, environ 75 % des maladies infectieuses émergentes touchant les humains proviennent ainsi d’animaux. Mais les humains peuvent également transmettre des maladies aux animaux.

Une conséquence du réchauffement climatique

La hausse de la population et la mondialisation facilitent la circulation des agents pathogènes, tandis que la déforestation et l’urbanisation favorisent le contact entre les animaux et les humains, ce qui contribue au passage de maladies.

Des crises sanitaires récentes, notamment la pandémie de Covid-19, ont mis en lumière ces liens entre modes de vie, dégradation des environnements et émergence de maladies. Et, sur une planète qui se réchauffe, la zone d’habitat et la période d’activité d’animaux vecteurs de maladies infectieuses, comme les moustiques ou les tiques, s’élargissent.

Résultat : des régions du monde habituellement tempérées et jusqu’ici épargnées, comme la partie nord de l’Europe, deviennent vulnérables à des pathologies comme le paludisme ou la dengue. Des événements climatiques extrêmes – inondations, sécheresses, etc. – créent aussi les conditions d’épidémies nouvelles.

Antibiotiques à tort et à travers

À force d’utiliser massivement, parfois à tort, les antibiotiques pour soigner les hommes et les animaux d’élevage, certaines bactéries deviennent insensibles à un ou plusieurs anti-infectieux. C’est un enjeu de santé globale : l’activité des humains et le traitement des animaux d’élevage contribuent à diffuser les résistances aux antibiotiques dans l’eau ou le sol, ce qui transforme des milieux naturels en creusets pour des bactéries résistantes.

Pour les humains, « la résistance aux antimicrobiens progresse plus rapidement que les avancées de la médecine moderne », a alerté à l’automne 2025 le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

L’organisation onusienne parle même d’une « pandémie silencieuse ». Sans action correctrice, plus de 39 millions de personnes dans le monde d’ici 2050 pourraient mourir d’infections antibiorésistantes.

Alimentation déséquilibrée

Malgré les progrès des dernières décennies, la malnutrition reste présente dans le monde : faim, alimentation carencée, surpoids, obésité, etc. Ce que nous mangeons impacte notre santé, du fait de la qualité nutritionnelle des aliments mais aussi de la présence de contaminants ou molécules néfastes (nitrites, bisphénols…).

Et le type de régime alimentaire affecte aussi l’environnement: une consommation de viande élevée a un impact plus négatif (émission de gaz à effet de serre) qu’un régime incluant des protéines végétales. Le régime alimentaire doit être sain et couvrir les besoins nutritionnels, mais aussi être économiquement accessible et avoir un impact réduit sur l’environnement.

Pour favoriser des systèmes sains et durables, l’approche « One Health » se penche sur toute la chaîne alimentaire, des systèmes de production agricole à la transformation des aliments et aux modes de consommation.

Pollution

Les activités humaines entraînent des pollutions majeures de l’air, de l’eau et des sols, affectant la santé des humains, des animaux, des végétaux et des écosystèmes. À la fois accentuée par le réchauffement climatique et causée comme lui par la combustion d’énergies fossiles, la pollution de l’air accroît ainsi le risque de maladies respiratoires, d’accidents cardiovasculaires, de diabète ou de cancers.

Selon l’OMS, neuf personnes sur dix dans le monde respirent un air contenant des niveaux élevés de polluants, et sept millions de décès prématurés sont attribuables aux effets de la pollution de l’air extérieur et intérieur.

Autre problème planétaire : la pollution plastique, qui endommage les écosystèmes, menace la biodiversité et représente un « danger grave, croissant et sous-estimé » pour la santé humaine, selon des experts.

Massivement produits, la plupart des plastiques finissent dans des décharges où ils mettront des siècles à se décomposer, libérant des produits chimiques: une menace pour la santé humaine qui devrait fortement augmenter ces prochaines années, selon une étude publiée en janvier dans The Lancet Planetary Health.