Plantes repères : ces fleurs vous disent quand récolter l’herbe
TNC le 31/03/2026 à 05:30
Les sommes de température donnent la tendance, les fleurs la confirment. Dans les prairies du Puy-de-Dôme, des plantes repères aident les éleveurs à ajuster les dates de pâturage et de récolte.
« Un jour, un éleveur nous a dit qu’il calait ses dates de récolte sur les dates de floraison des espèces prairiales », lance Géraldine Dupic, conseillère fourrages pour la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme. Si la phrase semble anodine, elle a donné suite à un projet d’ampleur. « On dit aux éleveurs de raisonner leur gestion de l’herbe à partir des sommes de température. Alors, en complément des relevés météo, pourquoi ne pas s’appuyer sur des plantes repères, dont la floraison correspond à des seuils connus ? »
Des espèces facilement identifiables
L’idée a fait son chemin. Au gré des campagnes, les conseillers fourrages de la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme ont collecté les dates de floraison de 300 espèces présentes dans les prairies du Puy-de-Dôme. Parmi elles, une trentaine a été retenue pour faire office de « plante repère ». L’objectif : avoir des espèces identifiables par le plus grand nombre. « Nous regardons généralement le début de floraison, car c’est un stade marquant », détaille Géraldine Dupic.
Le guide, constitué majoritairement d’espèces prairiales, vaut pour les prairies naturelles. « Sur les prairies semées, elle n’est pas adaptée en raison de la variabilité intravariétale ».
Seules les espèces présentant des floraisons groupées ont été retenues. « Nous calculons un écart-type à la moyenne. Les floraisons à 500° jours doivent avoir un écart-type inférieur à 60 ». En bref, la plante en question doit débuter sa floraison entre 470 et 530° jours.

Jonquilles à 200°C et lilas à 500°C
Ainsi, lorsque les sommes de températures approchent des 200°C, les jonquilles et forsythias entrent en fleur. Entre 200 et 250°C, il est possible d’observer des cardamines hérisées, ou encore des corydales : « c’est à ce moment-là que débute la mise à l’herbe, si la météo le permet », note la conseillère fourrages. Et à 500°C, date où doit se terminer le premier tour de pâturage, les lilas entrent en fleur. Pour l’ensilage d’herbe, autour de 700°C de cumul de températures, l’aubépine entre en fleur, de même que le trèfle de molineri. « C’est forcément un peu caricatural », concède Géraldine Dupic, mais ces observations sont « une invitation à aller dans ses prairies, et observer ».
La méthode est pensée pour les prairies naturelles du département du Puy-de-Dôme. En théorie, la méthode des sommes de températures est relativement duplicable. « Nous avons fait les relevés sur des parcelles allant de 400 à 1 200 m d’altitude, avec des contextes pédoclimatiques divers ». Mais toutes les observations ont été réalisées dans le Puy-de-Dôme. « Pour les généraliser, il faudrait aller plus loin, avec des relevés sur d’autres départements », propose Géraldine Dupic. « Le contexte pédoclimatique et notamment la capacité des sols à réchauffer font que la méthode n’est pas une science exacte ».