Parage des bovins : trouver le bon rythme pour éviter stress et blessures


TNC le 08/04/2026 à 14:47
ParageCharolais

Parce qu'il n'existe pas de méthode universelle, Olivier Descours conseille d'adapter sa méthode de parage à la taille du troupeau, mais également au type de logement et aux objectifs de l'éleveur. (© TNC)

À l’occasion d’un webinaire, Olivier Descours, responsable du service parage de Littoral Normand s’interroge sur la bonne fréquence de parage pour les bovins. Pour le pédicure, les passages réguliers sur la ferme demandent un peu d’organisation, mais permettent de traiter les animaux au bon moment, tout en évitant que les problèmes prennent de l’ampleur.

Long, stressant, astreignant… Le parage est souvent repoussé à plus tard. Pourtant, c’est au ras du sol que se joue une partie de la performance du troupeau. Olivier Descours, responsable parage chez Littoral Normand, explique comment intervenir à temps.

Deux stratégies se dessinent : parer intégralement le troupeau une à deux fois par an, ou opter pour des interventions plus régulières. « Tout dépend de la sensibilité du troupeau, et du type de logement », note le pédicure, qui cumule plus de 20 ans d’expérience.

Si on opte pour un parage annuel, « la corvée est passée », sourit Olivier Descours. « C’est une journée stressante pour l’éleveur comme pour les animaux, alors certains aiment bien que ça ne se reproduise pas trop souvent ». Autre avantage, il permet la mise en place de traitement collectif en cas de pathologie sur le troupeau.

Éviter de parer des animaux qui n’en ont pas besoin

Mais la pratique n’offre pas beaucoup de souplesse. « En général, si on fait tous les animaux en même temps, on pare 30 à 40 animaux qui n’ont pas besoin de l’être. Et d’une certaine manière, on les fragilise », note le pareur. L’objectif du parage est de rééquilibrer les charges sur les aplombs des animaux. À cette occasion, une partie de la corne de la sole est retirée. « Si on a des vaches qui utilisent des chemins d’accès au pâturage difficiles, ou qui passent sur des sols accidentés, on prend aussi le risque de blessures ».

Parer tous ses animaux en même temps, c’est également prendre le risque d’intervenir au mauvais moment. « Pour moi, on ne fait pas un parage sur des vaches gestantes à un mois du terme. On attend entre 60 et 90 jours après le vêlage ».

Autre inconvénient : avec le parage annuel, il est parfois tentant de repousser les soins. « Si un animal boite et que le pareur vient dans un mois et demi, parfois, il attend jusque-là. Cela cause des aggravations, avec des lésions qui peuvent remonter dans les pattes ».

Intervenir au moment le plus opportun

À l’inverse, les rendez-vous réguliers assurent plus de confort aux bovins. « Cela implique de faire des lots, de mieux gérer son parage, mais cela permet de coller au plus près des besoins des animaux ». Le pareur peut alors s’occuper de toutes les vaches taries, ainsi que de primipares à 60 ou 90 jours après vêlage. C’est également une manière de passer en revue les animaux à problème.

L’inconvénient, c’est qu’il y a « plus de demi-journées bloquées pour l’éleveur », concède le pédicure bovin. « Mais cela permet aussi de voir le parage autrement. Les animaux sont habitués à voir la cage dans le bâtiment, l’éleveur aussi », ce qui permet davantage de sérénité.