Mégaferme de saumon en Gironde : Monique Barbut opposée à un « projet industriel »


AFP le 15/04/2026 à 13:51

La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, s'est dite mercredi opposée au projet d'élevage de milliers de saumons en circuit fermé en Gironde, estimant que ce « projet industriel » n'est pas construit « sur des fondements qui tiennent la route ».

« À titre personnel, je ne suis pas favorable », a répondu la ministre, interrogée sur le projet de l’entreprise Pure Salmon, lors d’une audition au Sénat. La société Pure Salmon veut implanter son usine au Verdon-sur-Mer (Gironde), au bout de l’estuaire de la Gironde, pour produire 10.000 tonnes de saumon par an en créant 400 emplois.

« Je me bats pour trouver des vrais projets d’aquaculture dans des rivières, au bord de nos côtes » mais « ce n’est pas un projet d’aquaculture », s’agissant de « cuves posées sur terre », a fait valoir la ministre. « On va faire en sorte de dépenser l’énergie qu’il faut pour avoir de l’eau à 15°C » et il faudra nourrir les saumons avec du poisson pêché « sur toutes les côtes ouest d’Afrique », a critiqué Monique Barbut.

Une proposition de loi réclame un moratoire de dix ans

Malgré ses réticences personnelles, elle a souligné que l’autorisation ou non de l’usine suivrait un « système de règles » en place. Le projet a déjà reçu un avis favorable de la commission d’enquête publique et le conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) doit désormais donner son avis au cours des prochains mois, avant que le préfet délivre ou non une autorisation environnementale.

Une proposition de loi, soutenue par une centaine de députés, réclame un moratoire de dix ans sur ces « fermes-usines » de saumons. Dans un Appel pour l’océan, 27 ONG ont aussi dénoncé un projet « complètement démesuré ». Selon elles, gourmand en eau et en énergie, il menace l’écosystème de l’estuaire, le plus grand et le plus sauvage d’Europe, qui pâtirait des rejets de boues au détriment de la pêche et de la conchyliculture locales.

Financée par un fonds d’investissement singapourien, la société défend « un enjeu de souveraineté alimentaire », alors que 99 % du saumon consommé en France est importé. Elle affirme que sa « technologie éprouvée » garantit « un impact maîtrisé sur la biodiversité », que « le bien-être animal est au cœur du projet » et que son approvisionnement obéit à des « normes strictes », assurant aux saumons une alimentation « responsable et traçable ».