Les ONG dénoncent un arrêté élargissant les conditions d’effarouchement des ours
AFP le 16/07/2026 à 08:15
Les associations de défense des animaux et de l'environnement réclament le retrait d'un arrêté assouplissant les conditions des tirs d'effarouchement des ours, dénonçant un « passage en force » du gouvernement et certaines, comme One Voice, ayant décidé de « saisir la justice ».
Le 14 juillet, un arrêté publié au Journal officiel modifie certaines des conditions dans lesquelles des effarouchements peuvent être réalisés face à l’ours brun dans les Pyrénées.
Principale modification par rapport à l’arrêté précédent du 4 mai 2023 : l’extension aux « éleveurs, membres de groupement pastoral, gestionnaires d’estive, bergers et lieutenants de louveterie » de ces tirs d’effarouchement au moyen « d’aérosols de défense », « face au comportement menaçant d’un ours lors des opérations d’effarouchement renforcé ». Auparavant, ces opérations étaient réservées aux seuls agents de l’Office français de la biodiversité (OFB).
« L’arrêté adopté par le gouvernement le 13 juillet sonne comme une déclaration de guerre contre les ours. Les tirs d’effarouchement, réservés jusqu’alors à des situations exceptionnelles, pourraient devenir un moyen de gestion ordinaire », dénonce One Voice sur son site internet.
S’ils ne tuent pas directement, les effarouchements peuvent occasionner des blessures auditives, génèrent un « stress intense » chez les ours, perturbent leurs déplacements, pouvant séparer les oursons de leurs mères et provoquer des fausses couches, indique l’association.
Un recours a été déposé mercredi devant le Conseil d’Etat, a précisé sa présidente, Muriel Arnal, à l’AFP.
« L’État joue un jeu dangereux vis-à-vis d’une des trois espèces de mammifères en France dont le statut de conservation est le plus mauvais : c’est en quelque sorte faire rentrer le loup dans la bergerie, avec cette fois l’ours dans le rôle de la brebis », déplore l’association Ferus dans un communiqué.
Cette publication intervient « alors que 75 % des participants à la consultation publique ont exprimé leur opposition », ajoute l’ONG, dénonçant un « passage en force » de l’Etat, « sans le moindre aménagement par rapport à son projet ».
Ferus estime que le débat public a été « confisqué » et rappelle l’existence de « solutions alternatives éprouvées à ces effarouchements renforcés » : parcs de regroupement nocturnes électrifiés pour les troupeaux, gardes la nuit près des bêtes…
« Au lieu de vouloir protéger réellement des troupeaux ayant atteint des tailles industrielles (….) l’État choisit de changer la réglementation et de légaliser des pratiques censurées par les juges », dénonce One Voice, déjà à l’origine de plusieurs plaintes contre des arrêtés préfectoraux sur l’effarouchement ayant abouti à la suppression de ces textes.