Les importations de viande bovine brésilienne suspendues à compter du 3 septembre


TNC le 01/09/2026 à 07:09
AngusBresil

Un nouvel audit sera mis en place dans les semaines à venir afin d'évaluer l'utilisation d'antimicrobiens. (© AlfRibeiro AdobeStock)

Faute d’avoir apporté les garanties nécessaires sur sa conformité aux règles européennes, le Brésil va voir ses exportations de viande bovine suspendues dans l’UE à compter du 3 septembre.

En mai dernier, le Conseil de l’UE a publié la liste des pays considérés comme conformes aux règles européennes, notamment sur l’utilisation des antimicrobiens. « Seuls les pays tiers figurant sur cette liste, qui vient d’être mise à jour, peuvent être autorisés à exporter des produits d’origine animale vers l’UE » décryptait l’agence de presse Contexte à l’occasion de la publication du document. Absent de cette liste, le Brésil devait fournir les garanties demandées par Bruxelles avant le 3 septembre. Faute d’informations supplémentaires à l’approche de l’échéance, la Commission européenne entend suspendre les importations de viande bovine brésilienne, sans calendrier de rétablissement.

Un audit dans les semaines à venir

Un audit est actuellement en cours pour décider du sort des productions de miel et de volaille. Il s’achèvera le 4 septembre. Le cas de la production bovine sera évalué à l’occasion d’une seconde session de contrôle. « Le Brésil devrait rencontrer davantage de difficultés à démontrer sa conformité avec la réglementation de l’UE, ce qui pourrait entraîner une fermeture prolongée de ce marché », estime le réseau de média européen Euractiv.

À l’approche de l’échéance, la Fénération nationale bovine (FNB), insiste pour les importantions de viande brésilienne soient belles et bien suspendues. « La Commission européenne reconnaît donc, enfin, que le Brésil ne respecte pas les normes européennes en matière d’usage d’antibiotiques. La suspension des imports de viande bovine doit donc être effectivement appliquée, et dans la durée », explique le syndicat dans un communiqué de presse en date du 31 août. « Nous savons que les Brésiliens ne comptent pas faire évoluer leurs pratiques à court terme, et il apparaît inconcevable qu’une série de justificatifs « sur l’honneur » suffise à accréditer de nouveau les mêmes viandes brésiliennes ».

Mais le syndicat dénonce avant tout une situation paradoxale. « La Commission européenne a pourtant bataillé pour la conclusion d’un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur », rappelle la FNB. L’accord, signé en janvier 2026, est appliqué à titre provisoire depuis le mois de mai 2026. L’adoption définitive du texte sera obtenue après l’approbation du parlement européen, et la ratification par les parlements nationaux. L’Uruguay, le Paraguay et l’Argentine, également membres du Mercosur, figurent sur la liste des fournisseurs autorisés de l’Union européenne. En 2025, les importations européennes de viande bovine ont représenté 120 000 tonnes équivalent carcasse.