Et si Shamonda Europe circulait sur le continent depuis plus longtemps qu’on ne le pense ?
TNC le 09/09/2026 à 18:05
En quelques semaines, Shamonda Europe s'est propagé dans le tiers des départements français, ainsi que dans une partie de la Suisse, de l’Allemagne en passant par l’Autriche, la Belgique, le Liechtenstein et les Pays-Bas. Une propagation rapide qui interroge sur la date d’émergence du virus en Europe.
Identifié dans 37 départements français au 7 octobre par la plateforme européenne d’épidémiosurveillance, le virus Shamonda Europe se propage rapidement depuis l’identification de cette nouvelle maladie vectorielle, fin juillet en Suisse. Mais les scientifiques s’accordent sur le fait que le virus est probablement présent sur le Vieux Continent depuis plusieurs mois déjà.
« Au vu de la répartition géographique des zones où a été répété un virus Shamonda […], sur base de la capacité de dispersion par voie naturelle des culicoïdes, on est en droit de se poser la question : s’agit-il d’une émergence, et si oui, depuis quand le virus Shamonda circule-t-il en Europe », interpelle le vétérinaire belge Laurent Delooz à l’occasion d’un webinaire de l’Arsia, l’organisme wallon de santé et d’identification animales.
Une dispersion naturelle de 50 km par semaine
« La dispersion de cette maladie est de 1 à 2,5 km par jour, avec un maximum de 50 km par semaine quand elle a le « vent dans le dos ». Si la dispersion est multidirectionnelle, elle est moins importante », poursuit l’épidémiologiste.
Les modèles de dispersion, réalisés par Amandine Bibard, épidémiologiste chez Boehringer Ingelheim, renforcent l’hypothèse d’une circulation du virus antérieure aux premiers cas détectés. En prenant la Suisse comme point de départ de l’épizootie à la mi-juin, il est possible d’obtenir des cartes de probabilité d’apparition de la maladie sur les territoires selon les vents dominants. Résultat : les cartographies font état d’un risque à date principalement concentré dans l’est de la France, le sud de l’Allemagne, la Suisse et en direction de la République tchèque et de l’Autriche. Autrement dit, « en huit semaines, la Belgique n’aurait pas pu être atteinte, même avec la plus faible probabilité », résume Laurent Delooz.
Le territoire national illustre bien la propagation rapide du virus, avec des détections sur la moitié sud-est de la France, mais également dans le grand ouest avec désormais des cas en Bretagne, Loire-Atlantique ainsi que dans la Manche et le Calvados.