Du maïs épi en balle d’enrubanné : la recette du Gaec Les Collets pour l’engraissement des taurillons


TNC le 10/08/2026 à 16:06
DrouinMaisEpis

(© Herbe et Fourrage Centre-Val de Loire)

Au micro d’Herbe et Fourrage Centre-Val de Loire, Isabelle Drouin explique pourquoi elle a remplacé l’ensilage de maïs par de l’ensilage de maïs épi dans la ration des taurillons.

Chez Isabelle et Guillaume Drouin en Eure-et-Loir, la ration des taurillons à l’engraissement a été complètement repensée. L’ensilage de maïs épi a remplacé l’ensilage de maïs fourrage traditionnel, si bien que sur la dernière campagne, les éleveurs ont engraissé sans concentré.

« Avant, on engraissait avec du maïs ensilage, de l’ensilage d’herbe, des correcteurs avec un mélange blé/orge, mais on avait beaucoup de refus à l’auge », explique l’éleveuse sur la chaîne Youtube Herbe et Fourrages Centre-Val de Loire. C’est ainsi que le couple s’est intéressé à l’ensilage de maïs épi. Avec cette technique, seules la carotte de maïs et la rafle sont ensilées. Ainsi, les grains sont bien éclatés, et la tige reste au champ comme lors d’une récolte en grain traditionnelle.

Cette technique permet d’obtenir un produit final entre 55-60 % MS, très riche en amidon : « il titre autour de 60 % », détaille Philippe Loquet, conseiller élevage et fourrages à la Chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir. « 1 kg MS de maïs épis équivaut à 0,7 kg de blé, avec l’avantage d’être moins acidogène. » Autrement dit, il faut moins de quantités de fourrage pour apporter une même quantité d’énergie, ce qui libère de la place pour d’autres aliments riches en azote. « On voit qu’on gagne en capacité d’ingestion pour les taurillons », confirme l’éleveuse.

Seul bémol : sans la tige, le rendement hectare diminue. Compter 55 à 65 % du rendement en matière sèche d’un ensilage classique ; mais 70 à 80 % de la production d’énergie par hectare, car l’épi concentre l’essentiel de l’amidon.

La ration couvre la quasi-totalité des besoins en azote

Sur l’exploitation d’Isabelle et Guillaume, les taurillons ont 5 kg MS de maïs épi, 5 kg MS d’enrubannage de trèfle (équivalent protéine de 2 kg de tourteau de soja). Cette association permet de couvrir la quasi-totalité des besoins d’azote des taurillons rien qu’avec les fourrages.

La révision de la formule a permis aux éleveurs de gagner un mois sur l’engraissement des taurillons. « Le dernier lot est parti à 17 mois, à 484 kg de moyenne de poids carcasse. »

Le stockage en boule d’enrubanné

Avec Denis Dalibar, un entrepreneur voisin, les éleveurs ont réfléchi à la manière de récolter et conserver l’ensilage de maïs épi. Après avoir investi dans un bec d’ensilage, l’entrepreneur de travaux agricole propose une solution pour n’ensiler que la carotte de maïs, et la stocker en balles d’enrubannage. « La contrainte principale, c’est la conservation. On a souvent de faibles demandes en volume journalier, et ça se conserve un peu moins bien qu’un ensilage traditionnel », explique Denis Dalibar. Pour éviter cela, ils ont préféré l’enrubannage au silo. « En gérant des boules d’une tonne les unes après les autres, on limite l’échauffement. »

Pour mettre en place le chantier, un partenaire de Mayenne équipé d’une machine pour réaliser des boules enrubannées à partir de produit en vrac intervient. « Le fait d’avoir des ballots permet d’avoir moins de perte », confirme Isabelle Drouin.