Des pays européens s’en prennent au cormoran, mangeur de poissons


AFP le 26/05/2026 à 15:25

Une dizaine de pays de l'Union européenne ont réclamé mardi de réduire la population de grands cormorans, accusés de manger trop de poissons.

À l’initiative de la République tchèque, ces États dont la Pologne, la Suède ou la Croatie se plaignent des « impacts croissants » du grand cormoran sur la pêche, et appellent à « maintenir la population » de cet oiseau à un niveau « économiquement acceptable ».

Ils pointent du doigt le nombre de grands cormorans « estimé à 2 millions d’individus » en Europe avec « une consommation annuelle de 180 kg de poissons par an ». En pratique, ces pays voudraient changer le statut de protection de l’animal pour en faire une espèce chassable hors période de reproduction et d’élevage des petits.

Mardi, ils ont mis le sujet à l’ordre du jour d’une réunion entre ministres de l’agriculture et de la pêche à Bruxelles. Le grand cormoran est une espèce migratrice protégée au niveau européen depuis 1979 mais régulable par dérogation actuellement.

Des organisations environnementales défendent régulièrement cet animal face aux plaintes de pisciculteurs et de pêcheurs sur l’impact de ce prédateur de brochets, truites ou ombres communs dans les cours d’eau.

Les grands cormorans « causent beaucoup de problèmes en mer Baltique », a aussi affirmé la ministre finlandaise de l’agriculture Sari Essayah devant la presse à Bruxelles. Mais ces États devront convaincre plus largement les autres pays de l’UE s’ils veulent parvenir à changer le statut de l’animal. Ce débat rappelle le bras de fer sur le loup au sein de l’UE.

Au grand dam des défenseurs de la biodiversité, l’Union européenne a assoupli en 2025 le statut de protection des loups, de « strictement protégé » à « protégé », pour répondre à la colère des bergers face à l’augmentation de la population lupine.