Carburants : les principaux ports corses bloqués par des pêcheurs


AFP le 07/04/2026 à 09:45

Les six principaux ports corses sont bloqués mardi matin par des pêcheurs qui souhaitent mettre fin à la « spirale mortifère » de l'augmentation du prix des carburants, déjà plus chers sur l'île que sur le continent, en raison du conflit au Moyen-Orient.

A l’appel du jeune syndicat pour la défense des pêcheurs Corse, plusieurs bateaux de pêche se sont positionnés au sein des ports d’Ajaccio, Bastia, Propriano, l’Île-Rousse, Bonifacio et Porto-Vecchio, rendant impossible toute navigation d’autres embarcations.

Un bateau de la Corsica Linea transportant passagers et vivres depuis Marseille était à l’arrêt dans le golfe d’Ajaccio tout comme un bateau de croisière, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Notre but est de mettre fin à cette spirale mortifère de cette augmentation du gasoil », a indiqué à l’AFP, Joseph Sanna, porte-parole du syndicat pour la défense des pêcheurs Corse.

Le prix moyen du litre de gazole pêche détaxé s’établissait à 1,09 euro le 2 avril, contre 64 centimes le 2 mars, au début de la crise énergétique générée par la guerre au Moyen-Orient, selon l’observatoire du carburant .

Une mobilisation des pêcheurs méditerranéens avait été envisagée pour début avril par les comités du sud-est de la France (Occitanie, Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca) et Corse). Finalement, ils avaient décidé « dans l’intérêt général » d’attendre pour « privilégier les négociations avec le gouvernement français », a expliqué à l’AFP Bernard Perez, président du Comité régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CRPMEM) Occitanie.

Le syndicat pour la défense des pêcheurs a de son côté estimé que la mobilisation devait être maintenue. Sur l’île, le prix des carburants est traditionnellement plus cher de plusieurs centimes que sur le continent.

« Surtout maintenant, on va mettre les pieds dans le plat une fois pour toutes : il faut rétablir la situation entre la Corse et le continent avec les pêcheurs continentaux qui eux sont à 45 voire 50 centimes moins chers que nous », a réclamé M. Sanna. « A partir d’aujourd’hui, soit on trouve un protocole d’accord et on trouve une solution, soit on continuera le blocage le temps qu’il faudra », a-t-il ajouté.