Une réunion sur la qualité de l’eau dans l’Ouest perturbée par des agriculteurs


AFP le 16/01/2026 à 17:50

Une réunion sur la qualité de l'eau dans l'Ouest a été perturbée vendredi à Sainte-Marie (Ille-et-Vilaine) par une cinquantaine d'agriculteurs, qui ont revendiqué l'application du moratoire sur les décisions liées à l'eau promis par le Premier ministre.

Répondant à l’appel des deux principaux syndicats agricoles, la FNSEA-JA et la Coordination rurale, les manifestants ont fait irruption dans la salle où se réunissait la Commission locale de l’eau (CLE) pour réclamer la suspension de la révision du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) Vilaine.

En négociation depuis 2022, cette révision doit permettre d’améliorer la qualité des eaux, très dégradée, sur le bassin versant de ce cours d’eau qui traverse six départements de la Mayenne au Morbihan peuplés de 1,3 million d’habitants.

La mesure la plus contestée concerne l’interdiction d’herbicides sur des parcelles de maïs à un fort risque d’érosion dans des aires de captage d’eau potable, pour éviter le ruissellement de ces polluants. Selon les porteurs du projet, cela concerne moins de 1,5 % de la superficie couverte par le Sage Vilaine.

« Les agriculteurs ne sont pas entendus, les travaux doivent être arrêtés, c’est une mise en garde », a averti Franck Pellerin, secrétaire général de la FDSEA Morbihan.

Mi-décembre, une réunion de la CLE avait été annulée sous la pression de la FNSEA.

« Le débat est confisqué par quelques-uns », a regretté Virgine Roussel, vice-présidente d’Agrobio 35. La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, était aussi présent en soutien de la CLE.

Les agriculteurs « ont participé à la concertation et sont représentés par les chambres d’agriculture autour de cette table », a fait valoir Françoise Lacheron, de l’association Bretagne Vivante, jugeant « ce travail indispensable pour la santé des habitants. »

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis mardi un projet de « loi d’urgence » sur la politique de l’eau en mars et d’ici là un « moratoire sur toutes les décisions relatives » aux questions sur l’eau.

Vendredi, les services de l’Etat étaient ainsi absents, tout comme une dizaine d’élus sur les 72 membres que compte la commission.

Le président de la CLE, Michel Demolder, a estimé que l’approbation de la révision du Sage Vilaine, initialement prévue en février, « sera probablement reportée » en raison du moratoire, tout en appelant à « l’aboutissement d’un processus démocratique et d’une concertation menée sur trois ans ».

La maire de Rennes, Nathalie Appéré, ou encore le président de la région Bretagne ont apporté leur soutien à la révision du Sage Vilaine. « La démocratie locale ne peut pas être mise à l’arrêt au gré des crispations nationales », a jugé Loïg Chesnais-Girard dans un communiqué.