Un collectif revendique le sabotage de bassines dans la Vienne et les Deux-Sèvres


AFP le 09/05/2026 à 08:39

Des militants ont revendiqué vendredi le « sabotage » dans la Vienne et les Deux-Sèvres de deux bassines, suscitant une « ferme condamnation » de ces « agissements intolérables » par le préfet des Deux-Sèvres.

Ces dégradations ne sont pas les premières du genre, mais ont été revendiquées – fait rare – dans un communiqué au nom de l’« Amicale pour le débâchage permanent du Poitou », adressé à des médias locaux et relayé vendredi par les Soulèvements de la Terre.

Le collectif signataire y assure « qu’il n’y aura pas de répit tant que les bassines sont en état de marche », ajoutant qu’il ne « cesserait jamais de les démonter ».

Vendredi soir, dans un communiqué, le préfet des Deux-Sèvres Simon Fetet a « condamné avec la plus grande fermeté ces atteintes à des ouvrages agricoles », qui constituent des infractions pénales. « Ces agissements intolérables font d’ores et déjà l’objet d’investigations pour en rechercher les auteurs », assure-t-il.

L’une des deux réserves d’eau visées dans la nuit de mercredi à jeudi, située dans la Vienne, appartient à un groupe agro-industriel à la tête d’un important élevage de poules pondeuses.

Au même moment, les militants s’en sont aussi pris à une autre bassine dans les Deux-Sèvres, pour en dénoncer le financement par les pouvoirs publics. « Face à cela, notre riposte est celle du sabotage », assènent-ils dans leur communiqué.

Ces dégradations sont intervenus au lendemain d’une nouvelle décision de justice concernant Julien Le Guet : cette figure du mouvement anti-bassines a été condamné mercredi par la cour d’appel de Poitiers à une peine de six mois de détention à domicile pour sa participation à des manifestations contre la mégabassine de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) en octobre 2022.

A cette période, des militants, baptisés « Les fremens du Marais poitevin » et « le gang du cutter à roulette » avaient déjà revendiqué un démantèlement sauvage de bassine en Charente-Maritime.

Les détracteurs des mégabassines dénoncent un « accaparement » de l’eau par l’agro-industrie. Les partisans de ces réserves, destinées à stocker de l’eau puisée dans les nappes en hiver pour irriguer les cultures en été, y voient une assurance-récolte indispensable face aux sécheresses à répétition.