Gel tardif et sécheresse

Un cocktail néfaste pour les colzas et blés dans l’Allier


TNC le 20/04/2020 à 09:46

Des sols fendus comme au beau milieu d'un mois de … juillet ! Après une sécheresse estivale 2019 tristement record, une période de remplissage correcte, la sécheresse vient à nouveau pointer le bout de son nez en ce début de printemps. À croire que la pluie est confinée, elle aussi.

« Là, cela devient critique sur les terrains séchants. L’herbe est en train de crever et s’il ne pleut pas dans les huit jours, on est plus que mal », témoigne Geoffrey Rivaux, agriculteur à Maillet dans l’Allier.

Même constat à l’autre extrémité du département pour Nicolas Perret, installé à Brugheas, par ailleurs président de la section grandes cultures de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes : « On se promène rarement dans les champs de blé en cette saison en baskets, c’est vraiment sec. D’un point de vue régional, on est tous logés à la même enseigne, on attend tous la pluie ».

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Un coup de gel fin mars malvenu

Pas d’eau depuis un bon mois, mais aussi un coup de gel significatif à la fin du mois de mars qui a eu pour effet de stopper net une végétation qui avait déjà pris ses quartiers printaniers.

De quoi perdre son latin et ne plus savoir où donner de la tête pour Damien Laurent, installé à Saulcet, au centre du département de l’Allier : « On avait quasiment pas eu de gel de tout l’hiver, des – 1 / – 2° mais guère plus. Là on s’est pris deux jours à – 6 voire – 8° à certains endroits, sur des plantes qui n’avaient pas pris l’habitude du gel. Sur 40 hectares de colza, 18 hectares sont complètement fichus. Nous allons devoir les retourner et y mettre du maïs. Les blés non-irrigués n’ont pas aimé non plus ce gel, d’autant que sans humidité derrière, ils peinent à repartir. La terre est croûtée sur le dessus et la fraîcheur se situe à 10 cm dans le sol. Du coup, la jeune pousse de blé peine à aller la chercher ».

Sur les parcelles familiales, il n’est tombé que 80 mm d’eau depuis janvier. Un déficit hydrique qui arrive derrière une année déjà déficitaire puisqu’en 2019, leur pluviomètre avait comptabilisé 480 mm d’eau contre 600/700 en année normale.

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Toujours dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, d’autres agriculteurs sont inquiets. C’est le cas de Mathieu Grange, agriculteur dans l’Ain : il partage sur Twitter une photo impressionnante de crevasses pour un mois d’avril !

« Si on pouvait se permettre d’être exigent, on voudrait éviter les orages pour ne pas traumatiser les sols, mais on prendra ce qui vient », souffle Damien Laurent.

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