Un captage d’eau pollué par un pesticide à La Rochelle, l’agglomération va porter plainte


AFP le 23/09/2026 à 18:14

La communauté d'agglomération de La Rochelle a annoncé mercredi qu'elle allait porter plainte contre X cette semaine pour « atteinte à l'environnement », après la pollution ponctuelle aux pesticides d'un captage d'eau potable dans cette région céréalière.

Les neuf puits d’une station de pompage qui alimente « environ 20 000 habitants », selon la collectivité, ont dû être déconnectés le 18 septembre, même si « la potabilité de l’eau n’est pas remise en cause ». Des analyses ont révélé la présence de flufénacet ESA, un herbicide de la famille des PFAS bientôt interdit, à hauteur de 0,82 µg/L, au-dessus de « la limite de qualité » de 0,1 µg/L, mais « loin de la valeur sanitaire maximale fixée à 8,8 µg/L, à partir de laquelle il pourrait y avoir des effets sur la santé », a précisé à l’AFP Philippe Vansyngel, responsable du pôle eau de l’ex-région Poitou-Charentes à l’ARS Nouvelle-Aquitaine.

Des résidus de métolachlore NOA, dérivé d’herbicide interdit depuis l’été 2024, ont également été détectés. « Ce sont deux molécules que nous n’avons pas l’habitude de voir. Nous ne comprenons pas comment cette pollutiona pu arriver. C’est pourquoi nous suspectons un déversement, accidentel ou non », a expliqué Guillaume Krabal, vice-président de la communauté d’agglomération chargé de l’eau potable, lors d’un point-presse.  

Cédric Tranquard, président de la chambre d’agriculture de Charente-Maritime, penche aussi pour cette hypothèse, car « ce n’est pas la saison » pour utiliser ces produits.  Des analyses ultérieures n’ont révélé « aucune trace » des deux produits, ajoute Guillaume Krabal, évoquant « un pic de pollution ». « Il n’y a pas de conséquences sanitaires majeures mais cela nous conforte dans la nécessité d’un changement de pratiques », a déclaré Marc Maigné, vice-président de l’agglomération en charge du développement durable.  

« Si on veut garantir une eau potable de qualité, il faudra interdire l’utilisation des produits phytosanitaires sur lesaires d’alimentation des captages », comme l’agglomération et la préfecture l’expérimentent déjà autour d’un autre puits, fermé en 2020 après une pollution accidentelle par un herbicide, abonde Guillaume Krabal.

La pollution aux produits phytosanitaires est régulièrement dénoncée dans la plaine céréalière d’Aunis, près de La Rochelle, où des résidus ont été retrouvés dans les cheveux et urines de dizaines d’enfants. Le gouvernement a présenté la protection des captages d’eau potable comme la grande avancée environnementale de sa récente loi d’urgence agricole, mais des collectivités ont dénoncé la semaine dernière un projet d’arrêté qui réserverait les actions de préservation aux sites les plus pollués.