Rhizopus : quelles solutions pour détruire les parcelles de betteraves non récoltables ?


TNC le 23/10/2026 à 11:28
Betteraves

L'ITB recense près de 36 % des parcelles de betteraves touchées par le Rhizopus cette année. (© Thibaut Morelle)

Face aux parcelles de betteraves fortement touchées par les pourritures et devenues non récoltables, l'Institut technique de la betterave (ITB) livre ses recommandations après les premiers retours d'expérience et les observations réalisées chez les agriculteurs.

Les attaques de Rhizopus atteignent, cette année, un niveau inédit. Favorisée par la succession d’épisodes caniculaires et un déficit hydrique exceptionnel, l’infestation se distingue à la fois par son ampleur et sa précocité.  

Au 20 octobre, l’ITB recense « près de 36 % des parcelles betteravières impactées, avec une gravité évoluant de quelques pourcents à 70 % de la surface touchée (moyenne à 11 %). C’est surtout la moitié sud de la zone de la production qui est concernée, les autres attaques majeures observées en France en 2003 et 2006 étaient surtout localisées en Côte-d’Or ». 

Deux options possibles

Dans ce contexte, l’institut technique recommande deux stratégies pour détruire les parcelles de betteraves non récoltables.

– Soit la solution par voies mécaniques. Elle repose sur un ou deux passages d’un outil à disques : « le premier très superficiel pour hacher et le second plus profond pour couper les betteraves. Attention cependant à ne pas déchausser et remonter les betteraves par excès de profondeur, met en garde l’ITB. Ces interventions seront effectuées si possible en diagonale du semis ». 

« Elles seront complétées par le passage de combiné de semis de la culture d’automne. En revanche, le labour direct des betteraves sans intervention préalable est déconseillé. »

– « Soit la destruction peut être assurée par un passage de glyphosate, en respectant les conditions de l’usage des produits. Certains produits (Roundup Dynamic, Roundup Ultimate, Roundup Future) à base de glyphosate 500 g/l sont autorisés pour détruire les betteraves, qu’il y ait eu labour ou pas avant son implantation. L’usage concerné est « Traitements généraux*Désherbage*Intercultures, jachères et destruction de cultures ». Après quelques jours, on réalisera une destruction mécanique complémentaire avec un outil animé ou à disques, en un ou deux passages. »

« Attention, l’usage pour la destruction de récolte ne permet pas le labour pour l’installation de la culture qui suit, sauf si c’est une culture de printemps, que le labour a été effectué en début d’automne (destruction précoce), et que la parcelle est située en sol hydromorphe. »

Pour les parcelles de betteraves Conviso Smart, l’ITB recommande particulièrement l’usage du glyphosage pour la destruction. « En cas de présence de repousses, le programme de désherbage de la culture suivante sera adapté en incluant un herbicide d’un groupe HRAC autre que celui des inhibiteurs de l’ALS. » 

À noter aussi : « la présence de résidus de pivots abondants expose à des attaques de mouche grise sur les blés, d’autant plus sur les semis tardifs, alerte Ghislain Malatesta. Un traitement de semences adapté est recommandé. »