Recharge « exceptionnelle » des nappes phréatiques avec les pluies de février
AFP le 10/03/2026 à 15:25
Les fortes pluies de février, qui ont causé d'importantes inondations en France, ont aussi alimenté une recharge « exceptionnelle » des nappes phréatiques, indique mardi le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM), sans toutefois totalement écarter la possibilité d'une sécheresse estivale.
« Sur l’ensemble du territoire les pluies de février ont permis une recharge importante des nappes », d’une nature « très exceptionnelle », explique le service géologique national.
« On a une très forte amélioration des situations, en lien avec cette recharge très active et toutes les pluies qui se sont infiltrées en profondeur vers les nappes », a souligné Violaine Bault, hydrogéologue du BRGM, lors d’une visioconférence.
Mais « l’impact des pluies a été différent selon la réactivité de la nappe et selon l’humidité des sols », sachant que « les sols secs ou les sols saturés peuvent limiter l’infiltration en profondeur des pluies », a-t-elle rappelé.
La situation est « excédentaire » sur les trois-quarts du pays et « seules quelques nappes du quart nord-est du territoire ont encore des niveaux modérément bas mais la situation s’améliore et les tendances d’évolution sont à la hausse », précise le BRGM dans son bulletin de situation au 1er mars.
Dans le Roussillon, qui a connu plusieurs années de grave sécheresse, « on n’avait pas connu des niveaux au-dessus des normales depuis le début de l’année 2022 », a précisé Violaine Bault.
La France a connu son mois de février le plus pluvieux depuis 1959, selon Météo-France, avec un défilé de perturbations et tempêtes. Ces précipitations sur des sols saturés en eau ont notamment entraîné des débordements de cours d’eau et d’importantes inondations dans l’Ouest du pays.
Les pluies du mois de février ont permis une recharge « active » avec 84 % des niveaux en hausse (contre 56 % en janvier), indiquent les experts du BRGM.
Concernant l’avenir, « on est à l’abri pour les prochains mois », a souligné Violaine Bault, mais la situation au-delà dépendra d’autres facteurs, dont le niveau des pluies du printemps.
« Le bilan provisoire de la recharge hivernale 2024-2025 permet d’espérer des niveaux satisfaisants sur une grande partie des nappes réactives pour le trimestre prochain », prédit le service géologique, en référence aux nappes qui réagissent fortement aux précipitations.
Pour celles-ci, « les pluies du printemps seront essentielles pour conserver des niveaux au-dessus des normales le plus tardivement possible ».
Pour les nappes inertielles, qui réagissent lentement, l’infiltration des pluies de février se poursuit dans certaines régions et « les prévisions pour l’été 2026 sont incertaines. »