Moins de blé et de maïs cultivés dans le monde en 2026-2027


AFP le 13/05/2026 à 09:45
b94ab266-6-moins-de-ble-et-de-mais-cultives-dans-le-monde-en-2026-2027

La production mondiale de blé devrait diminuer de 3 % en 2026-2027. (© TTStudio/adobe stock)

Les cultures mondiales de blé et maïs seront bien moins abondantes lors de la campagne à venir, a prévenu mardi le ministère américain de l'agriculture (USDA), anticipant en revanche un rebond pour le soja.

A l’occasion de ses premières projections pour la saison 2026-27, l’USDA voit la production mondiale de blé tomber à 819,1 millions de tonnes (- 3 % par rapport à la période précédente), tirée vers le bas par les principaux exportateurs comme les Etats-Unis, l’Union européenne (UE), l’Argentine et l’Australie.

Après une année marquée par des records de production et de rendements, le marché s’attendait mécaniquement à un repli, explique auprès de l’AFP Damien Vercambre, de la société Inter-Courtage.

Les conditions climatiques sont venues confirmer cette anticipation baissière. Avec une météo « pas terrible » aux Etats-Unis, dont des épisodes de « sécheresse, du gel et maintenant un coup de chaud », l’analyste n’est pas surpris « qu’il y ait 25 % de (production) en moins sur les blés d’hiver ».

Cela va peser sur les stocks finaux, attendus en baisse, et nettement renchérir le prix payé aux agriculteurs américains, qui devraient toucher en moyenne 30 % de plus que lors de la campagne 2025-26.

Même son de cloche pour le maïs : la production mondiale doit s’établir à 1 295,38 tonnes (- 1 %). Mais elle restera toutefois « la deuxième plus grande récolte jamais enregistrée », note l’USDA dans son rapport mensuel Wasde.

Les grands cultivateurs de maïs devraient réduire leur production, avec moins de surfaces semées et des rendements plus faibles, à l’exception de la Chine et du Brésil, qui pourraient tirer leur épingle du jeu.

Hausse pour le soja

Seule la production de soja devrait augmenter, à 441,54 millions de tonnes (+ 3 %), tirée par les principaux exportateurs. La consommation mondiale devrait suivre le même mouvement, et les réserves de fin de campagne sont donc attendues stables.

« Ce sont les premiers essais de bilan américain et mondial, donc on va bien voir comment le marché va réagir dans les prochains jours, et surtout, si les opérateurs vont se précipiter pour acheter » du blé et du maïs, souligne M. Vercambre.

« Pour l’instant, les chiffres sont globalement favorables » pour les cours, estime pour sa part Dewey Strickler, analyste chez Ag Watch Market Advisors.

Dans la foulée de la publication du rapport, les prix du blé et du maïs s’affichent effectivement en hausse, en particulier pour les échéances à moyen-terme.

A Chicago, le boisseau (27 kg) de blé pour livraison en mai prenait ainsi 1,21 % à 6,29 dollars mardi vers 17h45 GMT. Celui pour livraison en juillet s’envolait de 6,82 % à 6,77 dollars.