[Témoignage] Orages en Vendée

M. Gautreau : « Je n’avais jamais vu un orage comme ça, 55 mm en 40 minutes ! »


TNC le 12/05/2020 à 08:53
La parcelle de 4 ha de soja de Maxime Gautreau, complètement noyée. (©Maxime Gautreau)

La parcelle de 4 ha de soja de Maxime Gautreau, complètement noyée. (©Maxime Gautreau)

Agriculteur à Thiré dans le sud Vendée, Maxime Gautreau a vu un orage spectaculaire s’abattre sur ses parcelles dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 mai 2020. 55 mm de pluie tombés en deux fois 20 minutes ! Ses maïs semences et sa parcelle de soja ont été touchés.

« Cela a commencé samedi vers 21 h, c’était impressionnant ! Je n’avais jamais vu ça, c’était comme dans les films américains, on voyait un gros front orageux qui faisait 180 °C, des éclairs partout, ça pétait toutes les secondes ! À partir de 21h15, on s’est pris un déluge monstrueux ! ». Maxime Gautreau, producteur de grandes cultures, principalement en semences, se souviendra longtemps de l’orage qui s’est abattu samedi 9 mai sur son exploitation.

Le premier orage, qui a duré une vingtaine de minutes, a déversé environ 30 mm. Après une petite accalmie, un second a donné pratiquement la même quantité. « On s’est pris environ 55 mm à deux reprises », témoigne le jeune agriculteur installé en 2018 sur la commune de Thiré, en Vendée, à la limite de la plaine et du bocage.

Il recense plusieurs dégâts sur son exploitation. D’abord, il avait semé il y a quatre jours un tiers de sa surface en maïs semences, soit 15 ha sur les 45 ha. « Les terres étaient déchaumées mais je n’avais pas broyé les couverts pour garder les résidus donc l’impact est moindre. En revanche, de l’eau provenant de 60 ha est arrivée et a fait une rivière dans le champ… Sur ce passage là, tout est arraché ! Le risque c’est d’avoir des différences de floraison, ce qui va compliquer la castration. Et il y a aussi des endroits où il n’y a plus de maïs, mais ils ont été quelque part dans le champ donc il y a des femelles qui vont lever un peu partout, il va falloir les enlever. » L’agriculteur n’est pas trop inquiet sur la levée mais il craint qu’elle ne soit pas régulière, ce qui va nécessiter un écimage manuel et dans le contexte de crise sanitaire actuelle, pas facile de trouver du personnel pour le faire ! « Heureusement je n’avais qu’un tiers de semer », se rassure-t-il.

Le soja complètement noyé

Sa parcelle de soja de 4 ha en revanche est recouverte par l’eau à 95 %. L’eau de la rivière voisine est montée encore plus haut que pendant l’hiver, déjà bien arrosé. « Qu’est ce que je vais faire après, c’est une bonne question ! Peut-être un maïs mais j’avais choisi le soja pour réussir à désherber le liseron plus facilement, et si je remets un maïs, ça va être la même galère que d’habitude. Mais je ne vais peut-être pas avoir le choix. La semence de soja, ça coûte cher et je ne suis pas assuré sur cette parcelle », se désole Maxime.

En effet, s’il est assuré pour la grêle sur toute l’exploitation, ce n’est pas le cas pour les intempéries via la multirisque climatique. « Je n’assure que les cultures à fortes valeurs ajoutées comme le maïs semences. C’est d’ailleurs obligatoire et il y a tellement de risque avec les coups de chaud l’été, les irrégularités de levée… qu’on ne peut pas faire sans, c’est beaucoup trop risqué ! »

Enfin, concernant son blé dur, il entrait en floraison et avait reçu les fongicides. Mais avec la pluie tombée et le temps humide annoncé pour les six prochains jours, « ça va être une catastrophe au niveau fusariose ! On perd entre 10 et 30 quintaux et on prend entre 10 et 40 euros de réfaction sur le prix ».

Il ne s’estime malgré tout pas le plus à plaindre : dans une commune voisine, l’orage de samedi a apporté 70 à 80 mm et a été accompagné de gros grêlons. Le blé dur a été complètement coupé ! D’autres ont enregistré un peu plus loin jusqu’à 110 mm en une seule nuit.

Le vent et le froid annoncés pour le reste de la semaine l’inquiètent particulièrement : « pour les maïs pas encore levés, cela va être compliqué : le vent va sécher le dessus, le froid va les empêcher de pousser vite donc ce n’est pas terrible… »

Mais il prend malgré tout les choses avec philosophie : « Depuis mon installation en 2018, j’ai vécu deux sécheresses, deux inondations l’hiver et deux inondations au printemps ! ».

Et pendant ce temps, la pluie n’en finit pas de tomber ce lundi…

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