Marchés des engrais

Les prix des engrais azotés s’envolent


TNC le 09/10/2021 à 08:15
Les cours des engrais azotes explosent depuis le mois de septembre. (©TNC)

Les cours des engrais azotes explosent depuis le mois de septembre. (©TNC)

On assiste depuis septembre à une flambée impressionnante des prix des engrais azotés, due notamment à la hausse des tarifs du gaz, à une disponibilité limitée et à une forte demande.

Les cours des engrais azotés flambent depuis deux semaines. La solution azotée et l’ammonitrate à 33,5 %, les plus utilisés en France, ont ainsi vu leurs prix multipliés respectivement par trois et par deux par rapport à début 2021. Le phénomène s’explique par un ensemble de facteurs haussiers, que détaille Isaure Perrot, analyste pour le cabinet Agritel et spécialiste des engrais.

Cours de la solution azotee depuis un an. (©TNC)
Cours de l’ammonitrate a 33,5% d’azote depuis un an. (©TNC)

L’un des éléments majeurs qui expliquent la « reprise phénoménale de la hausse » des prix des engrais azotés depuis septembre, c’est « la flambée exceptionnelle des prix du gaz naturel », essentiel pour la production d’ammoniac, lui-même à la base de la production des engrais azotés. « Le prix du gaz a été multiplié par quatre depuis le début de l’année sur le marché européen ! », chiffre Isaure Perrot. Les coûts de production de l’ammoniac explosent et se répercutent sur ceux des engrais.

Second élément : « une disponibilité très limitée ». De fait, « produire des engrais azotés coûte tellement cher que certaines usines tournent au ralenti, voire sont arrêtées. Cela touche la plupart des opérateurs européens. »

Et en face, la demande explose. « Pour cette période de l’année, les producteurs sont peu couverts », avance Isaure Perrot. La faute à des niveaux de prix jugés très hauts dès le début de la campagne (211 €/t FOT Rouen pour la solution azotée en mai 2021, contre 152 €/t en mai 2020), donc jugés peu intéressants, et qui n’ont ensuite cessé de grimper. 

Beaucoup d’agriculteurs ont repoussé leurs achats « et se retrouvent aujourd’hui à devoir acheter sur des niveaux de prix phénoménaux pour les applications du printemps ».

Les signes d’une pénurie ?

Les difficultés d’approvisionnement se multiplient et « certains opérateurs ne proposent même plus de cotations faute de disponibilités ». Les signes d’une pénurie ? On peut se poser la question, juge Isaure Perrot. Qui nuance : « il est encore possible de trouver des engrais azotés sur le marché français, notamment en ammonitrates. Mais pour quelqu’un qui n’est pas couvert aujourd’hui, il faut se dépêcher ! ».

À ces facteurs s’ajoute la hausse du coût du fret. Si les engrais ne sont pas tous importés, c’est en revanche le cas de l’ammoniac ou du gaz naturel nécessaire à sa fabrication, or « l’augmentation du coût du fret participe à celle globale des produits importés ».

La parité eurodollar joue aussi en défaveur du prix des engrais azotés importés sur le marché européen. Elle est passée de 1,19 à 1,16 en un mois, soit « une baisse significative ». 

Sans compter que l’urée, « marché directeur des engrais azotés à l’échelle mondiale », flambe aussi à cause d’un « contexte de petite disponibilité » et de politique protectionniste de la Chine sur les exports d’urée, ce qui contribue à tendre les marchés des engrais.

Ces niveaux de prix sont-ils partis pour durer ? « Il est clair que la tendance demeure haussière à court terme, répond Isaure Perrot. Tant que la demande sera là et que la situation ne se débloquera pas sur le marché du gaz naturel, il n’y a pas de raison pour que ça se calme sur le marché des engrais azotés. »

Pour suivre les évolutions des cours des matières premières agricoles, rendez-vous sur les cotations Agri Mutuel.