Viticulture

Les exportations de vins français ont bu la tasse en 2020


AFP le 26/03/2021 à 09:56
(©Getty Images)

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Les exportations françaises de vins ont lourdement chuté en 2020, accusant un recul de 11 % en valeur, à 8,74 milliards d'euros, sous l'effet cumulé des « taxes Trump », du Brexit et de la pandémie de Covid-19, a relevé jeudi l'organisme public FranceAgriMer.

En volume, les ventes de vins français à l’étranger ont également baissé, de près de 5 %, à 13,6 millions d’hectolitres. Avant même le Covid-19, l’année 2020 avait démarré dans un « contexte difficile » en raison d’un effet Brexit ayant conduit à la constitution de stocks en 2019 au Royaume-Uni dans la perspective de la sortie de ce pays de l’Union européenne au 31 janvier 2020, a expliqué Audrey Laurent, chargée d’études économiques à FranceAgriMer, lors d’une visioconférence. S’y ajoutaient les fortes taxes douanières américaines sur les vins européens imposées à partir d’octobre 2019 par l’administration Trump en raison d’un différend commercial non résolu autour des aides publiques à Airbus et Boeing. L’administration Biden a décidé début mars de suspendre ces taxes pour quatre mois, au grand soulagement de la filière viti-vinicole française.

En 2020, la crise du Covid-19, qui a conduit de nombreux pays à imposer des restrictions sanitaires, dont la fermeture des bars et restaurants à divers moments de l’année, a eu un impact important sur les exportations de vins français, bien positionnés sur ce circuit de distribution. Epargné par les taxes Trump, le Champagne, vin festif, a été particulièrement touché par le contexte sanitaire. Ses exportations se sont effondrées de 20 % en valeur et de 17 % en volume.

De leur côté, les importations de vins étrangers en France ont elles aussi baissé de 11 % en valeur, à 710 millions d’euros. Elles reculent de 13 % en volume à 6,31 millions d’hectolitres en 2020.

Le rosé en forme 

Du côté des ventes de vins en grande distribution en France, 2020 a été une année « atypique avec des variations au gré des contraintes sanitaires » et notamment des deux confinements, relève Pauline Cuenin, chargée d’études économiques à FranceAgriMer. Au total, en volume, les ventes de vins dits tranquilles (sans bulles) ont progressé de 1,1 % à 9,97 millions d’hectolitres, « après une baisse constante depuis 2014 », note-t-elle. Les ventes ont également progressé de 1,3 % en valeur à 4,69 milliards d’euros.

Avec une hausse de 3,3 % de leur ventes en volume et de 4%  en valeur, « les rosés ont capté 60 % des gains du marché », poursuit-elle. Les vins blancs s’en sortent bien également (+3,8 % en volume, +4,7 % en valeur). En revanche les ventes de vins rouges baissent de 1,5 % en volume et de 1,8 % en valeur. Les ventes de vins effervescents en grande distribution ont beaucoup pâti des restrictions sanitaires, particulièrement au moment du premier confinement du printemps 2020. Pour le Champagne, la chute des ventes a été jusqu’à 38 % en volume et en valeur lors de ce confinement mais les ventes se sont redressées à d’autres moments de l’année. Au total, la baisse a été de 3,8 % en volume et de 3,3 % en valeur en 2020.

« La progression des ventes en grande distribution ne suffit pas à compenser les pertes dans le secteur des cafés, hôtels, restaurants », pointe Pauline Cuenin. En temps ordinaire, environ 40 % du vin est consommé hors domicile en France.