La forêt des Landes de Gascogne, un « poumon » économique à protéger des incendies
AFP le 28/07/2026 à 10:15
La forêt des Landes de Gascogne, où 42 000 hectares ont brûlé depuis le 22 juillet près de Bordeaux, est avec ses pins maritimes un « poumon » de la filière bois qui a conduit les pompiers à adapter leurs méthodes de lutte contre le feu.
Dans ce massif vaste de 1,2 million d’hectares, constitué à 80 % de pins maritimes et à cheval sur la Gironde, les Landes et le Lot-et-Garonne, l’enjeu est environnemental mais aussi économique.
Le bois est la troisième filière industrielle régionale, avec 56 000 emplois dont 34 000 pour la seule forêt des Landes de Gascogne, les entreprises du secteur pesant environ 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Dans les départements concernés, les sapeurs-pompiers ont développé des techniques différentes de « l’école du Sud-Est », exposait à l’AFP le colonel Romain Moutard, directeur adjoint du Sdis des Landes, un peu moins de trois semaines avant que deux feux de très grande ampleur ne se déclarent en Gironde et à Biscarrosse.
Dans cette forêt « colossale » exploitée par de nombreux sylviculteurs, les soldats du feu sont contraints à « pénétrer » dans le massif. Les exploitants font des cellules d’exploitation les plus vastes possibles, d’au moins 20 à 25 hectares, et si l’on se met autour pour circonscrire le feu de façon plus statique, on perd toute cette surface, explique l’officier.
Les Sdis sont dotés d’engins pour « coucher les pins » et « aller au plus vite, au plus près », là où, dans le Sud-Est, il est plus aisé d’encercler le feu. « On lutte pour protéger les personnes, les habitants et l’environnement mais aussi ce poumon économique », souligne le pompier.
La « vocation première du massif, c’est la production » , abonde Anne Guivarc’h, directrice de la Fédération des industries du bois de Nouvelle-Aquitaine.
La forêt des Landes de Gascogne, la plus vaste de l’Hexagone (17 % de la surface forestière nationale), est particulièrement soumise au risque d’incendie au regard de la quasi-monoculture du pin maritime et de la mécanisation de l’exploitation, ainsi que des nombreux points de contact avec les habitations – en Gironde, elle s’étend jusqu’aux abords de la métropole bordelaise.
Face à cela, le président de l’association Défense de la forêt contre les incendies (DFCI) en Aquitaine, Bruno Lafon, réclame la création de grands pare-feux, « disséminés partout dans la forêt », pour « perdre plutôt 2 000 hectares que d’en laisser brûler 40 000 ».
Dans cette forêt de statut privé à 92 %, chacun des 59 000 propriétaires de parcelles verse deux à trois euros de cotisation annuelle, par hectare, dédiés à la surveillance et à l’entretien du massif, indique Anne Guivarc’h.