Juillet 2026 devient le mois le plus chaud jamais mesuré en France
TNC le 06/08/2026 à 17:14
Dans le prolongement du mois de juin, juillet 2026 a conservé une situation de blocage anticyclonique et de dôme de chaleur avec des records de températures et une sécheresse très implantée.
« 31 jours sur 31 ont dépassé les normales de saison au cours de ce mois dejuillet, comme en 2006. Après la vague de chaleur caniculaire de la seconde moitié de juin, une nouvelle canicule s’est installée du 4 au 19 soit 16 jours (21 jours en juillet 2006, 23 jours en juillet 1983), bien que moins intense que la précédente, mais durable », présente MeteoNews dans son bilan.
« La température moyenne nationale affiche 24,3°C (+ 3,8°C ar rapport à la normale 1991-2020), un record mensuel battant les 23,6 degrés de juillet 2006, et un record tous mois confondus battant les 23,9 degrés d’août 2003 et sa célèbre canicule. Il s’agit du deuxième mois consécutif record en termes de chaleur (22,1 degrés en juin contre 21,6 en juin 2003). »
Avec un mois d’août « parti pour être de nouveau excédentaire, contrariant les tendances saisonnières établies ces derniers mois, l’été 2026 pourrait être le plus torride de ces 80 dernières années, et même de ces 400 dernières années en se référant aux relevés anciens établis dans la capitale. »
Un déficit national de précipitations de 70 %
« Qui dit conditions anticycloniques en situation de blocage dit manque de pluie. Les précipitations ont été rares et faibles tout au long de ce mois de juillet 2026, à de rares exceptions près telles que le sud-est de l’Auvergne, notamment la Haute-Loire ou encore une partie de la Provence en lien avec des orages locaux bien pluvieux. »
« Le « record » de précipitations revient à Chomelix, en Haute-Loire, où il est tombé 145 mm d’eau. A contrario, certains secteurs n’ont pas vu la moindre goutte de pluie tomber, à Dunkerque par exemple et dans certaines stations de Corse, Meuse, Mayenne, Pas-de-Calais, Alpes-Maritimes, Gard, Haute-Garonne, Var ou dans le Gers. »
En moyenne nationale mensuelle, « la France a reçu seulement 15 mm de précipitations, loin de la normale de 50 mm sur la période 1991-2020. Le déficit national atteint 70 % ! La sécheresse superficielle des sols s’est largement aggravée ce mois de juillet entre l’absence de pluie, la chaleur exceptionnelle et le très fort ensoleillement, équivalente à celle de la mi-août 2022 qui détient le record jusqu’à aujourd’hui. »
Une sécheresse des sols inquiétante
« La sécheresse de 1976 était plus intense en juin, mais dès juillet, celle de 2026 l’a dépassée », observe l’agroclimatologue Serge Zaka, après de multiples analyses. Sa cartographie ci-dessous résume la situation. « En juillet, les records mensuels des sols les plus secs s’étendent sur une vaste zone du sud-ouest au nord-est. 1976 reste la référence dans le nord-ouest… mais l’année 2026 est loin d’être terminée », précise l’agroclimatologue.

« Avec le changement climatique, la sévérité des sécheresses (intensité x durée) augmente : des étés plus secs, une évapotranspiration plus forte et des pluies plus intenses qui s’infiltrent moins dans les sols… » 2026 n’est pas encore prise en compte dans le graphe suivant, puisque l’année n’est pas encore terminée.

« Les sols secs chauffent plus vite que les sols humides. Leur assèchement explique donc en partie l’intensification des vagues de chaleur depuis 20 ans, selon Serge Zaka. En 2026, nous avons déjà connu 3 vagues de chaleur (4 canicules)… »

« Juillet 2026 a été un mois tout à fait exceptionnel, résume MeteoNews : record de chaleur tous mois confondus, l’un des plus secs et le plus ensoleillé avec 2022, faisant suite à un mois de juin exceptionnel… Un été difficile en terme de canicules à répétition, de sécheresse, de stress hydrique pour la végétation, de souffrances pour la faune et la flore en général, et de risque incendie maximal pour de nombreuses régions. »
« Août prend malheureusement le même chemin. Il faut souhaiter le retour de conditions météo dépressionnaires dans les plus brefs délais pour améliorer ces conditions catastrophiques. »