Fluopyram dans l’eau du robinet : « absence de risque » confirmée
AFP le 09/02/2026 à 15:15
Une valeur sanitaire maximale a été publiée lundi par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) pour le fluopyram, un fongicide détecté dans l'eau potable d'une vingtaine de communes des Hauts-de-France, et celle-ci confirme « l'absence de risque » des teneurs relevées, selon les autorités.
L’Anses a fixé la valeur sanitaire maximale du fluopyram à 8,8 microgrammes par litre d’eau, un niveau au-delà duquel la consommation pourrait présenter un risque pour la santé, d’après un communiqué commun de l’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France et des préfectures du Nord et du Pas-de-Calais.
Jusqu’à présent, aucune valeur maximale dans l’eau (Vmax) de ce fongicide n’avait été fixée. Le contrôle sanitaire de l’eau du robinet réalisé par l’ARS a identifié des traces de fluopyram dans l’eau dans trois communes du Nord et 23 du Pas-de-Calais. Toutefois, « tous les résultats enregistrés sont très largement inférieurs à la valeur sanitaire maximale fixée par l’Anses », soulignent les autorités.
« Les concentrations observées sont cinq à 50 fois inférieures à cette valeur », ce qui « confirme que l’eau peut être consommée sans risque pour la santé ». Le rapport de l’Anses rappelle par ailleurs que le fluopyram n’est « pas cancérogène, mutagène ou reprotoxique », c’est-à-dire qu’il n’altère pas la fertilité ou le développement de l’enfant à naître, relèvent encore les autorités.
Passer sous la limite de qualité d’ici 3 ans
Les teneurs en fluopyram toutefois dépassent « la limite de qualité de 0,1 microgramme par litre » dans les 26 communes concernées, admettent les autorités. La réglementation prévoit que les organismes responsables de la distribution de l’eau « réalisent les travaux nécessaires pour abaisser la concentration sous cette limite dans un délai de trois ans », détaillent-elles.
L’ONG Générations Futures avait alerté en janvier sur les taux de concentration de ce fongicide dans l’eau potable de plusieurs dizaines de milliers d’habitants des Hauts-de-France, les considérant comme trop élevés, d’après des mesures réalisées depuis plus d’un an.
Le fluopyram, destiné à détruire des champignons parasites, est contenu dans de nombreux produits commercialisés en France pour la culture de fruits, légumes, céréales ou pommes de terre. Générations Futures soulignait que ce fongicide « fait partie de la famille chimique des PFAS » et « se dégrade lentement en TFA », un « polluant éternel » omniprésent dans l’environnement.