Viticulture

Evoquant un « préjudice », la Chine surtaxe le vin australien


AFP le 26/03/2021 à 11:29

La Chine a annoncé vendredi l'imposition de lourdes mesures antidumping contre les vins australiens importés, dans un contexte de tensions diplomatiques exacerbées entre Pékin et Canberra.

Le dumping, dont la Chine accuse l’Australie, est une pratique qui consiste à vendre à l’étranger à des prix inférieurs à ceux pratiqués sur le marché national.

En août, le ministère chinois du Commerce avait annoncé l’ouverture d’une enquête antidumping portant sur l’ensemble des vins australiens importés en 2019. L’enquête, alors préliminaire, avait débouché en novembre sur l’imposition de premières sanctions : des surtaxes compensatoires (comprises entre 107,1 % et 212,1 %). Le mois suivant, le vin australien était à nouveau frappé par des droits de douane supplémentaires.

Dans un communiqué publié vendredi, le ministère chinois du Commerce a rendu les conclusions finales de l’enquête. Il estime que l’industrie viticole chinoise a subi un « préjudice », causé par les subventions australiennes. Dès dimanche, les importations de vin australien seront donc soumises à des surtaxes compensatoires comprises entre 116,2 % et 218,4 %, précise le document. Selon le règlement de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), cette mesure peut durer jusqu’à cinq ans.

Les relations entre Pékin et Canberra ont commencé à se détériorer en 2018, quand l’Australie a exclu le géant chinois des télécoms Huawei de la construction de son réseau 5G, au nom de la sécurité nationale. Elles se sont encore tendues lorsque Canberra a appelé l’an dernier à une enquête internationale sur les origines du Covid-19, repéré pour la première fois à Wuhan (centre de la Chine) fin 2019. Une demande que Pékin estime motivée par des arrières-pensées politiques. 

L’an dernier, l’ambassadeur de Chine à Canberra, Cheng Jingye, avait averti que la position de l’Australie sur le Covid-19 pourrait entraîner un boycott de la part des consommateurs chinois. « Peut-être que les gens diront « Pourquoi boire du vin australien ? Manger du bœuf australien ? » », avait-t-il affirmé dans une menace à peine voilée. Premier partenaire commercial de l’Australie, la Chine avait suspendu quelques semaines plus tard les importations de bœuf de quatre gros fournisseurs australiens, puis imposé des droits de douane de 80,5 % sur l’orge de ce pays. Pékin avait également invité les touristes et étudiants chinois à éviter l’Australie, justifiant cette recommandation par des incidents à caractère « raciste » contre des personnes d’origine chinoise.