Emmanuel Macron au salon Wine Paris vient soutenir le vin français


AFP le 09/02/2026 à 13:00

Défendre le vin français en France et à l'international: Emmanuel Macron a marqué son soutien à cet « art de vivre à la française » bousculé par la guerre des droits de douane en inaugurant lundi Wine Paris, salon international de référence de la filière.

« La clé, c’est de défendre d’abord la consommation avec modération (..) En même temps, on défend le vin français comme faisant partie de l’art de vivre à la française, de notre gastronomie, sa consommation et l’export », a lancé le chef de l’Etat. « La France, c’est le pays du vin. (…) il faut être fier de ce qu’on est ».

La dernière inauguration présidentielle de Vinexpo Bordeaux – prédécesseur de Wine Paris – remontait à 2015, par François Hollande. Celle de 2026 intervient dans un contexte difficile pour la filière du vin. « On reste combatif », a répondu un responsable au chef de l’Etat, qui demandait si « le moral est bon ».

Les alcools européens souffrent de la hausse des droits de douane décidée en 2025 aux Etats-Unis. Le secteur, confronté au changement climatique, doit aussi faire face à de nouveaux modes de consommation (moins d’alcool, plus de vins frais, etc).

« Un des points clés, c’est de bien exporter en Europe, de le défendre à l’international quand il est attaqué par des pratiques qui sont agressives et puis d’aller conquérir de nouveaux marchés », a insisté le président citant l’Inde, le Canada ou le Brésil.

Marchés pivot

Emmanuel Macron – qui s’est vu offrir un magnum de vin chinois – a pointé la « concurrence » de la Chine qui « sait produire » ou des Italiens, deuxièmes exposants en termes de superficie à Wine Expo, qui « sont très bons sur ces marchés ».

Face à la surproduction dans certaines régions, le gouvernement a ouvert vendredi un plan d’aide à l’arrachage de vignes. « Il faut le faire (..) pour que les autres (vignes) gardent de la valeur », a-t-il expliqué, appelant à poursuivre l’« innovation » dans la filière.

Quelque 60 000 visiteurs du monde entier, acheteurs, distributeurs, ministres, Commission européenne, sont attendus à Wine Paris, qui réunit 6 200 exposants.

Pour la première fois, les fabricants spécialisés dans la production de vin et boissons sans alcool ont droit à un pavillon dédié, « Be no » (une soixantaine d’exposants).

Selon les Douanes françaises, les exportations de boissons ont diminué de 7 % en 2025. Celles vers les Etats-Unis, premier marché pour l’exportation, ont baissé de 20 % à 3,2 milliards d’euros, un recul particulièrement marqué au dernier semestre 2025 après l’imposition de droits de douane américains de 10 % puis 15 % sur les alcools européens.

« De l’autre côté, on voit des marchés qui pourraient devenir des marchés de pivot », tempère cependant Rodolphe Lameyse, directeur général de Vinexposium, l’organisateur de Wine Paris.

« Appétence »

L’accord de libre échange du « Mercosur est une opportunité, (il répond à) un besoin à la fois (de) levée de barrières douanières et de barrières non douanières » comme l’étiquetage ou la reconnaissance d’indications protégées, dit-il à l’AFP.

Il cite également le récent accord commercial UE-Inde, qui promet une forte réduction de droits de douane sur les alcools européens. Et les mesures de rétorsion prises depuis 2025 au Canada contre les alcools américains, retirés des rayons, ce qui pourrait ouvrir à d’autres ce marché d’un milliard de dollars.

Président de Bordeaux Négoce, Philippe Tapie compte ardemment sur Wine Paris, où l’attendent « beaucoup de clients, beaucoup de rendez-vous » : « on espère un rai de lumière », dit-il à l’AFP.

La bataille douanière avec les Etats-Unis est un coup : « On dit en général que 1 % de droits en plus, c’est moins 1 % de commerce, ça s’est de nouveau vérifié. Quand on ajoute 15 % de surcoût dû à la parité ça devient compliqué ».

Pourtant les ventes ont été bonnes en fin d’année aux Etats-Unis où les importateurs avaient stocké avant l’élection de Donald Trump : « C’est bon signe, cela montre qu’il y a une appétence pour nos vins », dit M. Tapie.

Les vins sans alcool prennent aussi leur place « dans les attentes durables des consommateurs », estime M. Lameyse. « Ça ne va pas cannibaliser la part de marché du vin traditionnel, ça va rajouter du business supplémentaire ».