Nouvelles techniques génomiques

Des « faucheurs » détruisent plusieurs tonnes de semences de tournesol


AFP le 12/11/2021 à 10:17
Mercredi 10 novembre, 80 individus se réclamant des Faucheurs volontaires ont fait intrusion sur un site industriel de RAGT, près de Rodez (Aveyron). (©RAGT Semences)

Mercredi 10 novembre, 80 individus se réclamant des Faucheurs volontaires ont fait intrusion sur un site industriel de RAGT, près de Rodez (Aveyron). (©RAGT Semences)

Quelque 80 « faucheurs volontaires » d'OGM ont pénétré mercredi dans un site du groupe semencier RAGT à Calmont (Aveyron), éventrant des sacs contenant plusieurs tonnes de semences de tournesol qu'ils considèrent illégales, a constaté un collaborateur de l'AFP.

Brandissant des drapeaux des « faucheurs volontaires » et portant une pancarte indiquant « inspection citoyenne en cours », ils ont mélangé ces graines de tournesol avec du maïs afin de les rendre inutilisables.

Ces militants venus d’Occitanie -mais aussi d’autres régions françaises, selon les « faucheurs »- ont ensuite quitté le hangar sans incidents, sous l’œil d’une dizaine de gendarmes qui venaient d’arriver.

« Au sens juridique, au niveau européen et du Conseil d’Etat, ce sont bien des OGM, quoi qu’en disent le ministre de l’agriculture, le Premier ministre ou le président de la République », a déclaré à l’AFP l’un de ces « faucheurs », le Toulousain Jacques Dandelot. Ces graines de tournesol obtenues par des NBT ou « New breeding techniques », des outils permettant de modifier le génome des plantes sans insertion de gène étranger (transgenèse), sont considérées comme des organismes génétiquement modifiés par les anti-OGM.

En revanche, le ministre de l’agriculture Julien Denormandie, qui s’est déjà présenté comme un « fervent défenseur » des NBT, avait estimé en janvier dernier que ces technologies permettent « de faire apparaître plus tôt une variété qui aurait pu apparaître naturellement à un moment donné » et « ne sont pas des OGM ».

En février 2020, le Conseil d’Etat avait estimé que ces nouvelles techniques devaient être soumises à la réglementation OGM. Allant dans le sens de la Cour de justice européenne, il avait donné six mois au gouvernement pour modifier le code de l’environnement.

Le groupe semencier RAGT (Rouergue, Auvergne, Gévaudan, Tarnais), dont le siège est à Rodez, compte un peu plus de 1 350 salariés pour un chiffre d’affaires proche des 390 millions d’euros, selon son site internet.