Dépollution de l’eau potable : mission d’inspection pour un plan de financement


AFP le 15/01/2026 à 15:14

Une mission d'inspection interministérielle est en cours pour élaborer un plan de financement de la dépollution de l'eau potable, notamment des PFAS ou « polluants éternels » et métabolites de pesticides qui préoccupent les autorités sanitaires, a-t-on appris jeudi auprès de Bercy.

Il y a « une mission en cours qui doit éclairer la question des scénarios de dépollution  de l’eau potable et des coûts associés », a indiqué à l’AFP le ministère de l’économie, conformément à ce qu’avait annoncé le gouvernement fin octobre.

« Les résultats de ces travaux devront permettre d’identifier les modèles de financement de la dépollution de l’eau potable et d’établir une stratégie de mobilisation des différents vecteurs (mesures préventives, tarification, mesures règlementaires) et une gouvernance », a indiqué Bercy sans plus de commentaires.

Pas moins de quatre agences gouvernementales sont à pied d’œuvre, selon les éléments dévoilés par La Lettre d’un courrier de mission qu’a pu consulter l’AFP : l’IGEDD (Inspection générale de l’environnement et du développement durable), l’Igas (Inspection générale des affaires sociales), l’IGF (Inspection générale des finances) et le CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux).

Dans cette lettre, les ministères de tutelle soulignent que ces dernières années, l’évolution des valeurs de référence et l’augmentation du nombre de paramètres analysés dans le cadre du contrôle sanitaire « ont permis de mettre en évidence des dépassements, parfois significatifs, des limites de qualité des eaux distribuées ».

Un coût pharaonique

Dernière évolution réglementaire en date, l’obligation entrée en vigueur début janvier de contrôler la présence de 20 PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées), des molécules chimiques extrêmement persistantes dans l’environnement et dont les effets sur la santé inquiètent les scientifiques.

Avec la fixation, conformément à la réglementation européenne, du seuil de 0,1 pour la somme de ces 20 PFAS, « ces situations de non-conformité sont amenées à se multiplier » et cette perspective conduit à « questionner la capacité des services d’eau potable à financer la dépollution » de l’eau potable, souligne le gouvernement.

Le coût de cette dépollution de l’eau potable s’annonce pharaonique. Rien que pour les PFAS, les premières estimations avancent jusqu’à 100 milliards d’euros par an à l’échelle de l’Europe, selon des travaux universitaires commandités pour une enquête de plusieurs médias coordonnée par Le Monde.

La mission, dont les conclusions sont attendues pour la fin du trimestre, ne concerne cependant pas que les PFAS et cible également la pollution par des pesticides ou leurs métabolites (molécules issues de leur dégradation), « de plus en plus prégnante ».