Décès du célèbre oenologue Michel Rolland
AFP le 20/03/2026 à 17:15
L'oenologue mondialement réputé Michel Rolland, consultant pour des centaines de clients à travers la planète, est décédé à l'âge de 78 ans, a annoncé vendredi sa famille.
Le « gourou du vin », du titre de son livre paru en 2012, s’est éteint dans la nuit de jeudi à vendredi, d’une crise cardiaque, a indiqué à l’AFP sa fille Marie Rolland, confirmant une information du journal Sud Ouest.
Né dans le Libournais, petit-fils de viticulteurs depuis plusieurs générations, Michel Rolland fait ses études à la faculté d’oenologie de Bordeaux.
Il fait ses premiers pas de consultant au début des années 1970, dans le Bordelais, avant d’étendre son activité à l’international, et de devenir la figure du « flying winemaker », aux conseils sollicités de la Californie à l’Argentine.
Proche du célèbre critique américain Robert Parker, il contribue à l’internationalisation des vins de Bordeaux, mais aussi, selon certains, à standardiser leur goût vers des profils boisés et charpentés.
« Parker a changé le paysage vineux mondial par une approche de la dégustation que personne n’avait avant lui. Il a eu l’idée d’un système de notation, critiqué peut-être, mais c’est le seul qui marche », disait Michel Rolland à l’occasion de la sortie du « Gourou du vin », en estimant que Bordeaux « devrait lui ériger une statue ou baptiser une place Robert Parker ».
En 2004, il obtient une stature médiatique internationale après être apparu dans le documentaire « Mondovino » de Jonathan Nossiter, pamphlet sur la globalisation du goût et la mondialisation de la production du vin. Le cinéaste-sommelier américain le qualifie de « corsaire espiègle » et de « Spielberg du vin ». En réponse, Michel Rolland qualifiait Jonathan Nossiter de « janséniste altermondialiste ».
« Je n’ai rien contre le personnage qui ne reviendra sûrement jamais dans le vin. En revanche, je trouve que la presse française a été beaucoup trop complaisante. Ce n’était pas du génie, il a enfumé tout le monde et c’est ce que je voulais dénoncer dans le livre », disait-il.