Champagne : bénéfice de Lanson en repli, entre coûts élevés et marché difficile


AFP le 10/09/2026 à 08:15

Le groupe de champagne Lanson-BCC a vu son bénéfice net divisé par cinq au 1er semestre sur un an, arrivant juste à l'équilibre dans un contexte de forte concurrence pour le champagne et sous l'effet de coûts élevés notamment des stocks de raisin.

Le groupe, composé désormais de neuf maisons avec l’intégration de Champagne Heidsieck & C° Monopole, attend cependant une reprise « visible » au second semestre, selon un communiqué publié mercredi.

Avec ce rachat, son chiffre d’affaires a crû ce semestre de 7,7 %, à 99,1 millions d’euros. À périmètre constant, il est stable. Le bénéfice net est en revanche en repli, à 400 000 euros.

« Le contexte concurrentiel actuel (…) ne permet pas de répercuter aux consommateurs la hausse successive des prix du raisin des vendanges 2022 à 2024 cumulée au coût élevé du financement des stocks », souligne Lanson.

Son PDG Bruno Paillard s’est dit « raisonnablement optimiste » pour la suite, lors d’une visio-conférence. Le groupe prévoit une reprise des volumes « visible au second semestre », période où se réalisent traditionnellement les deux tiers de l’activité, avec une amélioration du ratio « enjeu clé pour la maîtrise de la structure financière ». Il vise un renforcement de son positionnement sur les vins haut de gamme.

Mais il a aussi choisi cette année de relancer l’entrée de gamme, via notamment sa cuvée Chanoine Héritage et une plus forte présence en grande distribution.

Ses maisons comptent sur une baisse progressive des stocks de raisin, a fortiori après cette petite vendange 2026.

Le groupe a aussi annoncé il y a quelques mois son intention d’appliquer une baisse de 4 % à 5 % sur le prix du raisin acheté, rappelant que le raisin « a flambé de 25 % après l’euphorie post-Covid ».

« La période de digestion de ces prix de revient très élevés, on est en plein dedans maintenant. Donc on souffre. Il faut être capable de rester présent, de rester manoeuvrant. Ensuite ça ira mieux », a expliqué M. Paillard, pour qui « nous pouvons espérer que 2026 soit un peu le point bas ».

Lanson-BCC ne communique pour autant pas de prévisions annuelles, « dans un environnement économique et géopolitique toujours incertain, marqué par une visibilité limitée sur la dynamique de consommation de fin d’année ».