Accord USA-Iran et début des moissons : les marchés agricoles se replient


AFP le 17/06/2026 à 20:25
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Les perspectives sur les récoltes de blé sont bonnes en Europe comme dans la région de la mer Noire. (© branex/adobe stock)

A Chicago comme à Paris, les marchés agricoles se sont repliés encore un peu plus à l'annonce d'un accord préliminaire entre les Etats-Unis et l'Iran, suivant ainsi les cours du pétrole, avant de rebondir en ce milieu de semaine.

Orientés à la baisse depuis des semaines sur fond de stocks importants, les cours des céréales ont reculé encore après l’annonce dimanche d’un accord promettant la réouverture du détroit d’Ormuz.

Depuis mardi, ils semblaient cependant entamer un mouvement de « correction », selon un terme d’analyste, soutenus notamment par un retour des acheteurs.

« Les contrats à terme sur le maïs, le blé et le soja ont fortement baissé » en l’espace de quelques semaines, « il y a donc une marge de progression », souligne Jack Scoville, de Price Futures Group.

Sur le marché européen, le blé, céréale du pain, est passé lundi sous la barre symbolique des 200 euros la tonne, avant de remonter pour s’échanger mercredi autour de 204 euros, un niveau globalement similaire à il y a un an. Même mouvement pour le maïs. Idem aussi à Chicago, où le blé a d’abord baissé puis est repassé mercredi au-delà des 6 dollars le boisseau (27 kg), son plus haut depuis début juin.

Globalement les cours restent détendus alors que les récoltes de blé ont commencé en Inde, en Chine, aux Etats-Unis.

Les perspectives sont bonnes en Europe comme dans la région de la mer Noire. Selon le site spécialisé Argus Media, la Roumanie par exemple attend une moisson record de 13,9 millions de tonnes.

En Europe, seule la nouvelle canicule attendue à partir de la fin de semaine génère à ce stade une « petite incertitude », souligne Damien Vercambre, courtier chez Inter-Courtage. « Ca donne peut-être un petit peu de nervosité (…). On pense que ce coup de chaud peut impacter les blés au nord de Paris », en cette phase de remplissage des grains.

Partout, les opérateurs surveillent les conditions météorologiques à l’approche du mois de juillet, « la période déterminante pour la mesure des rendements », note Rich Nelson, de la maison de courtage Allendale. « Il reste encore un potentiel de fluctuation des cours non négligeable devant nous. »

Aux Etats-Unis, « il a trop plu dans certaines régions, ce qui affecte légèrement le potentiel de production », estime son confrère Jack Scoville. « On aurait bien besoin d’un temps plus chaud et plus sec dans le Midwest. »

Achats de Chine ou du Golfe

Dans l’immédiat, côté européen, le prix actuel aux alentours de 200 euros semble attirer les acheteurs, notent les analystes.

« On s’aperçoit que c’est le prix qui attire pas mal de monde, et en premier lieu, la Chine », qui a acheté des orges en Ukraine et du blé en France, souligne M. Vercambre. Et qui achètera peut-être demain du soja américain.

L’Algérie a lancé un appel d’offres et les marchés attendent aussi de possibles achats de la part des pays du Golfe, si Ormuz rouvrait effectivement.

Du côté du maïs, le rebond du début de semaine peut s’expliquer notamment par la décision d’agriculteurs français de réduire fortement ce printemps leurs surfaces, au profit en particulier du tournesol, estime Gautier Le Molgat, PDG d’Argus Media France. Pour l’analyste, ce choix est lié au coût des engrais, renchéri par la fermeture d’Ormuz.

« Le marché du maïs ne paye pas forcément beaucoup, il est quasiment à parité avec le prix du blé. Du coup les agriculteurs ont fait leurs calculs, je pense qu’ils ont privilégié une culture moins consommatrice en intrants », dit-il.

Enfin sur les oléagineux, la baisse du pétrole a aussi fait reculer le prix des huiles végétales, notamment le colza qui avait atteint un niveau élevé en début de mois.