[Témoignage] François Lesparre

« Si on ne soutient pas l’irrigation, c’est la mort de beaucoup d’exploitations»


TNC le 15/10/2020 à 15:06
(©François Lesparre)

(©François Lesparre)

François Lesparre est producteur de maïs grain et semence, de soja, ainsi qu'éleveur de volailles sur 160 hectares dans les Landes. Une trentaine de ses hectares sont potentiellement concernés par un projet de réutilisation des eaux usées traitées (REUT).

« J’ai une trentaine d’hectares potentiellement concernés par un projet de REUT. Il s’agit d’amener les eaux usées traitées de la station d’épuration de Mont-de-Marsan (Landes) sur 12 km, en les stockant à mesure dans des bassins. Au total, 21 exploitations en bénéficieraient pour plus d’un millier d’hectares. Actuellement, l’eau est pompée dans un cours d’eau. Celui-ci ne faisant pas l’objet de réalimentations, l’irrigation est dépendante du débit naturel. Or le bassin est très déficitaire. Cette année, en juillet, nous étions déjà en restriction.

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Le principal intérêt, pour moi comme pour les autres exploitants concernés, est de sécuriser une quantité d’eau suffisante pour le maïs. L’aspect fertirrigation est secondaire. Je crains même qu’on ne nous impose des contraintes supplémentaires si la présence d’éléments minéraux dans l’eau est démontrée.

Le coût [de l’eau par campagne, NDLR] est estimé à 300 €/ha avec l’eau sous pression au coin du champ pour 1 600 m3/ha garantis. Bien sûr, la pompe que j’utilise aujourd’hui est amortie, mais le besoin en électricité sera important et me coûtera plus cher. En revanche, cela ne nécessitera pas d’investissement dans du matériel spécifique.

C’est une occasion à saisir : ce projet, s’il se fait, permettra le maintien de l’activité agricole sur des terres où l’élevage bovin a déjà quasiment disparu et où les terres non irriguées sont abandonnées. Si on ne soutient pas l’irrigation, c’est la mort de beaucoup d’exploitations. »

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