Un tractoriste européen historique délocalise sa production en Asie
TNC le 15/07/2026 à 16:51
Le constructeur tchèque Zetor, qui a vu le jour il y a 80 ans, estime que « la fabrication de tracteurs de petite et moyenne puissance n’est plus économiquement viable » sur le Vieux Continent.
C’est une drôle de façon de fêter son anniversaire. Alors qu’il célèbre cette année ses 80 ans, le constructeur tchèque Zetor annonce qu’il délocalise toute sa production de tracteurs en Inde, où il s’appuiera sur une entreprise locale, VST Tillers Tractors. Zetor dévoile également rechercher un partenaire industriel en Chine et compte à terme construire sa propre usine en Asie.
« Dans le contexte actuel, la fabrication de tracteurs de petite et moyenne puissance, jusqu’à 130 ch, en Europe n’est plus économiquement viable », justifie le PDG de Zetor, Róbert Harman. 33 emplois sont supprimés dans l’opération. Toutes les commandes déjà effectuées seront honorées. Le constructeur précise qu’il continuera à vendre ses tracteurs en Europe.
« Produire là où nous réalisons des bénéfices »
Lancé après-guerre pour équiper les agriculteurs de la Tchécoslovaquie et du bloc de l’Est communiste, Zetor avait affiché récemment de nouvelles ambitions, en annonçant par exemple en 2025 la Série 6, une gamme de machines allant de 131 à 171 ch, et en 2026 la Série 5, de 102 à 122 ch.
« Face à la flambée des prix de l’énergie, du coût de la main-d’œuvre et surtout des matières premières, nous ne sommes plus aussi compétitifs qu’il le faudrait et nous devons revoir notre modèle économique, annonce aujourd’hui Róbert Harman. Nous devons produire là où nous réalisons des bénéfices ».
Se rapprocher des fournisseurs de composants
Zetor évoque également des composants 30 à 35 % moins chers en Asie qu’en Europe. Ses équipementiers habituels, comme Carraro, ZF, Deutz ou en encore Cummins y fabriquent déjà essieux, transmissions ou moteurs d’entrée de gamme. « Le rapprochement avec ces fournisseurs clés nous permet de rester compétitifs sur les marchés européens et d’atteindre la rentabilité », avance le PDG de Zetor.
Il ne restera à Brno, siège historique de la marque, que la recherche et développement, le service après-vente, la logistique des pièces détachées, la vente et le marketing.