Tech&Bio 2019

Un salon agricole dédié à la transition agro-écologique


AFP le 23/09/2019 à 09:57
Des spécialistes de l'agriculture étaient là pour recevoir les visiteurs sur le stand du Crédit Mutuel. (©Antoine Cessieux)

Des spécialistes de l'agriculture étaient là pour recevoir les visiteurs sur le stand du Crédit Mutuel. (©Antoine Cessieux)

Au salon Tech and Bio, salon international des techniques bio et alternatives qui se tient tous les deux ans à Bourg-les-Valence (Drôme), les chambres d'agriculture affirment vouloir rassembler toutes les formes d'agriculture pour être une vitrine de l'agro-écologie.

Le salon Tech&Bio est fréquenté par 40 % de visiteurs engagés dans la filière bio, les 60 % restant venant du secteur conventionnel, explique Pierre Combat, vice-président de la chambre d’agriculture de la Drôme. Tous cherchent à supprimer ou diminuer les doses de produits chimiques utilisés pour éradiquer les ravageurs des plantes, tout en maintenant leurs rendements de production et la biodiversité de la nature autour d’eux. Tous essaient de renforcer les plantes face aux sécheresses. Tous voudraient améliorer la fertilité des sols ou le désherbage en se passant de chimie. Le salon regorge de modèles « circulaires » réutilisant des sous-produits agricoles, vieille idée paysanne remise au goût du jour avec l’aide de la technologie.

Sur le stand de la société drômoise Naturosol, le granulé naturo est composé de farine de viande, de poudre d’os, de farine de plume et de soie et de vinasse de betterave. Il sert à nourrir les sols en azote et en phosphore et est autorisé en agriculture bio. Ces produits sont issus d’équarissage ou d’abattoirs, brûlés, chauffés, pour faire disparaitre les bactéries tout en gardant des valeurs nutritives pour stimuler la croissance racinaire des plantes. « Dans le temps, on fertilisait les vignes de Saint-Chinian ou de l’Hérault avec du fumier issu des brebis de la zone Roquefort, des bourres de laine ou des chiquettes de moutons », des petits morceaux de cuir rejeté par les tanneries, explique un responsable de Frayssinet. Cette PME familiale du Tarn est le numéro un français de la fertilisation organique en produits élaborés, composts ou granulés, dont 80 % sont utilisables en bio.

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Soutien des hautes technologies

La France qui possède 7,5 % de ses surfaces en bio a pour ambition de parvenir à 15 % d’ici à 2022. Un objectif difficilement tenable pour ceux qui s’inquiètent du désengagement financier de l’État. « Il faut travailler sérieusement, on ne peut pas dire bio, écologie, et avoir deux ans de retard sur le versement des aides bio » a déclaré le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez à l’AFP. « Pas impossible à tenir » a rétorqué le ministre Didier Guillaume à l’AFP. Son cabinet souligne que les paiements des aides sont désormais terminés à 98 % pour 2016, 85 % pour 2017 et 75 % pour 2018.

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« De plus en plus de gens s’engagent, on a 4 000 exploitations de plus en bio cette année. Les choses évoluent très vite et les hautes technologies aident la bio » ajoute le ministre. Pour un désherbage sans glyphosate, l’imagination est au pouvoir. Des robots aux désherbeuses à eau chaude, en passant par des bineuses à caméra optique, des griffeuses tractées par des chevaux ou un chariot à énergie solaire où des salariés travaillent allongés pour désherber des rangées de salade… à la main.

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