Guide "Bien dans mes bottes"

Pour une communication sans stéréotype de genre en agriculture


TNC le 08/03/2019 à 19:55

En Bretagne, le groupe "Agriculture au féminin" de la chambre d'agriculture est à l'origine d'un guide visant à assurer la parité hommes/femmes dans la communication en agriculture, à l'oral comme dans les supports écrits.

Faut-il écrire « chef » ou « cheffe » d’exploitation lorsque c’est une femme qui tient les rênes de la ferme ? Au lieu de parler du « rendez-vous des agriculteurs qui innovent », ne vaudrait-il pas mieux dire le « rendez-vous des agriculteurs et agricultrices qui innovent ? » Comment arrêter d’entendre « les hommes gèrent les cultures, les femmes l’administratif » ? C’est en se posant toutes ces questions que le groupe « Agriculture au féminin » de la chambre d’agriculture de Bretagne, emmené par Isabelle Salomon sa présidente, a décidé d’élaborer un guide de bonnes pratiques pour communiquer, sans sexisme, dans le monde agricole, à l’écrit comme à l’oral.

Après une brève introduction sur la notion d’égalité hommes/femmes et de stéréotypes, le dépliant liste cinq recommandations pour une « visibilité plus équilibrée des hommes et des femmes », dans un premier temps dans les supports des chambres d’agriculture de Bretagne :

– « user du féminin et du masculin dans les messages

– employer l’écriture inclusive mais avec modération (élu.e.s, conseiller.ère.s, par exemple)

– accorder les noms de métiers, les titres et les fonctions (madame la cheffe d’exploitation ou la directrice de la chambre d’agriculture du Finistère)

– utiliser des visuels représentatifs des deux genres sur les affiches, flyers, etc.

– équilibrer les profils dans les interventions, pour les témoignages ou les portes-ouvertes, les reportages dans la presse… »

Chacune de ces préconisations est expliquée et étayée avec des conseils pratiques, des exemples et des illustrations rigolotes. À la fin, un quiz permet de savoir si on les a bien comprises et si on est prêt à les mettre en pratique. « Au cours de ma précédente mandature, j’ai bataillé pour la féminisation des noms de métier et fonction. Récemment, plusieurs élus ont écrit « collaboratrices » pour qualifier leurs collègues féminines. Comme quoi le message commence à passer », se réjouit Isabelle Salomon qui pense que ce guide ou des initiatives similaires pourraient être utiles dans toutes les organisations agricoles bretonnes, mais également dans les autres régions et à l’échelon national.