Réglementation freinage

Pneumatique ou hydraulique : faute d’accord, à vous de bien choisir !


TNC le 06/03/2020 à 06:07
Le choix du système de freinage, hydraulique ou pneumatique, est primordial avant d'investir dans du matériel. (©TNC)

Le choix du système de freinage, hydraulique ou pneumatique, est primordial avant d'investir dans du matériel. (©TNC)

La réglementation sur le freinage des matériels agricoles traînés va généraliser à horizon 2025 la technologie double ligne. Cette évolution doit dès à présent être prise en compte dans la réflexion sur les investissements afin de ne pas être piégé par un parc matériel inutilisable ou dévalué.

En 2025, toutes les remorques et matériels agricoles traînés de plus de 1,5 t de PTAC devront être équipés d’une technologie de freinage double ligne. Cette évolution répond à un alignement des normes de réception nationale sur les règles européennes, dont le but est d’accroître la sécurité routière.

Si la technologie est obligatoire sur les tracteurs neufs depuis 2018, les constructeurs peuvent encore ajouter une simple ligne de freinage, et ce jusqu’en 2025. Objectif : que les agriculteurs puissent atteler leurs matériels tractés bénéficiant d’une simple ligne achetés jusqu’à cette date. 

Pour résumer, les tracteurs bénéficiant d’un circuit de freinage hydraulique : 

  • simple ligne : ils freinent seulement le matériel simple ligne hydraulique. Impossible d’atteler du matériel à double conduite.
  • double ligne : ils sont compatibles avec les deux types d’installations, simple et double.
Le tableau ci-dessus reprend les compatibilités entre les tracteurs et les outils traînés, neufs ou déjà en service. (©fiche de synthèse des acteurs de la filière agro-équipement)

Pour complexifier le tout, deux technologies répondent à la réglementation : hydraulique ou pneumatique. Faute de s’être mis d’accord sur une méthode, les constructeurs de matériel agricole proposent les deux systèmes. Ce qui double le risque d’incompatibilité entre tracteur et outils traînés, sur la même exploitation.

En clair, le tracteur à double ligne pneumatique pourra emmener seulement du matériel à double ligne pneumatique. Sinon, impossible de connecter les circuits !

Des adaptations possibles

Bien qu’il n’existe pas de consensus général, certaines catégories de tracteurs se sont cependant tournées majoritairement vers l’une ou l’autre des méthodes. « Par exemple, les modèles viticoles conservent l’hydraulique. Essentiellement en raison du faible encombrement. Les tracteurs du cœur de gamme, dont la puissance est supérieure à 140 ch, peuvent aussi bénéficier des deux technologies chez certains constructeurs. De série ou en option », explique Nassim Hamiti, chargé de mission agroéquipement au sein de la FNCuma.

Au moment d’investir pour renouveler son parc de machines, la réflexion est indispensable. Il faut prendre en compte les différentes possibilités. Notamment parce que la majorité du parc français profite de freins hydrauliques à simple conduite. Sans compter les remorques, semoirs ou presses qui devraient être vendus d’ici 2025 ! « En Europe, les constructeurs ont déjà adapté leur matériel avec des doubles lignes. D’ailleurs, la norme de beaucoup de pays impose la version pneumatique. Ceux qui fabriquent essentiellement pour le marché français ne sont pas encore prêts à basculer », témoigne Nassim. 

Un enjeu économique important

Une remorque achetée aujourd’hui en simple ligne hydraulique devrait rester sur la ferme pendant 20 ans. Donc 15 ans pendant lesquels le producteur ne pourra plus renouveler son tracteur par un modèle neuf. Celui-ci bénéficiera d’une double ligne ! Sans compter l’impact économique sur la valeur du bien d’ici 2030. « A fortiori, les exploitants ne chercheront plus ces modèles ; ils seront donc nécessairement plus difficiles à vendre sur le marché de l’occasion. Y compris à l’export dans les pays où la double ligne pneumatique est déjà la norme », souligne Nassim Hamiti. 

Pourquoi ne pas opter pour le freinage double ligne dès aujourd’hui ? Réponse complexe car si le tracteur de l’exploitation est équipé d’une simple ligne hydraulique, impossible d’atteler le matériel tracté à double ligne hydraulique. Un vrai casse tête.

3 à 4 000 € de surcoût en version hydraulique

Autre paramètre : le choix de la technologie. Le coût du pneumatique peut vite enfler, surtout s’il faut renouveler une partie de parc. Le choix de la technologie peut donc jouer sur le prix ! « Par rapport à la simple ligne, le surcoût du pneumatique oscille entre 1 000 et 2 500 €. Compter entre 3 et 4 000 € pour une version hydraulique. L’impact sera plus marqué avec du petit matériel, étant moins cher à l’achat », commente Nassim Hamiti.

Le choix le plus tentant : posséder les deux systèmes sur son tracteur. Attention tout de même au surcoût engendré. À noter qu’il est possible d’équiper certaines gammes de tracteurs avec du freinage pneumatique en rétrofit. L’opération est plus facile que sur les engins de traction. 

Sans oublier les autres critères qui peuvent faire penche la balance. Le freinage pneumatique double offre la possibilité de circuler à 40 km/h. Avec de l’hydraulique, ce n’est toujours pas autorisé. Ceci dit, les marques y travaillent ! 

Un choix cornélien en Cuma

Si la décision est importante à l’échelle d’une exploitation, elle l’est d’autant plus pour les Cuma. « Il faut que le matériel soit compatible au sein de la Cuma, mais aussi du côté tracteurs et matériels possédés par chaque adhérent. Un détail important à notifier dans le cahier des charges », détaille Nassim Hamiti. Dans la mesure du possible, la fédération des Cuma préconise d’acheter du matériel à freinage double ligne.